Des chercheurs ont testé l’intelligence de plus de 1000 chiens : cette race surclasse toutes les autres

Quel est le chien le plus intelligent ? Pour tenter de répondre à cette question, des chercheurs de l’Université d’Helsinki ont soumis 1 002 chiens appartenant à 13 races différentes à une série de tests cognitifs. Et si aucune race ne peut être officiellement désignée comme « la plus intelligente », le Malinois belge s’est particulièrement illustré dans plusieurs épreuves.
Une étude menée sur plus de 1 000 chiens
Les chercheurs finlandais se sont intéressés à une question qui passionne depuis longtemps les propriétaires de chiens : existe-t-il réellement des différences d’intelligence entre les races ?
Pour le savoir, ils ont analysé les performances de 1 002 chiens, âgés de 1 à 8 ans, appartenant à 13 races différentes. Les animaux ont été soumis à une batterie standardisée de tests appelée smartDOG.
L’objectif n’était pas simplement de vérifier quels chiens apprenaient le plus rapidement un ordre. Les chercheurs ont étudié plusieurs dimensions de la cognition canine : compréhension des gestes humains, capacité à résoudre un problème, contrôle des impulsions, mémoire et raisonnement logique.
Le Malinois belge particulièrement performant
Parmi les différentes races étudiées, le Malinois belge s’est particulièrement distingué dans certaines épreuves.
Il a notamment obtenu de très bons résultats lorsqu’il fallait comprendre les indications données par un humain. Les chercheurs ont également observé de bonnes performances dans une épreuve de résolution de problème spatial, qui consistait pour les chiens à contourner un obstacle en forme de V afin d’atteindre une récompense.
Ces résultats expliquent pourquoi le Malinois est aujourd’hui présenté dans certains articles comme le grand gagnant de cette étude.
Mais la réalité scientifique est un peu plus nuancée.
Une race n’est pas « intelligente » dans tous les domaines
Les chercheurs n’ont pas établi de classement général allant de la race la plus intelligente à la moins intelligente.

Au contraire, leurs travaux montrent que les aptitudes cognitives varient selon les tâches.
Le Border Collie, par exemple, s’est particulièrement illustré dans les exercices mesurant le contrôle inhibiteur. Cette capacité consiste notamment à résister à une impulsion immédiate pour adopter une stratégie permettant d’obtenir la récompense.
D’autres races se sont également distinguées dans certaines situations. Le Golden Retriever, par exemple, a obtenu de très bons résultats lorsqu’il s’agissait d’accueillir une personne inconnue, tandis que certaines différences de comportement ont également été observées entre les races dans les situations nouvelles.
La mémoire et le raisonnement ne départagent pas vraiment les races
L’un des résultats les plus intéressants de l’étude concerne justement les domaines dans lesquels les chercheurs n’ont pas trouvé de différences significatives.
Les performances des différentes races ne différaient pas significativement dans les tâches évaluant la mémoire ou le raisonnement logique.
Cela montre pourquoi il serait réducteur de transformer cette étude en simple classement des chiens selon leur intelligence.
Un chien peut être particulièrement performant pour comprendre les indications d’un humain, tandis qu’un autre sera plus efficace pour contrôler ses impulsions ou explorer un environnement inconnu.

Pourquoi le Malinois fait-il autant parler ?
Le Malinois belge est notamment connu pour ses capacités de travail et son aptitude à collaborer avec l’être humain. Il est utilisé dans différents domaines nécessitant concentration, endurance et apprentissage.
Ses performances dans cette étude correspondent donc à certaines caractéristiques recherchées chez cette race.
Mais les chercheurs mettent en garde contre une interprétation trop générale des résultats : les différences observées concernent des traits cognitifs précis, et non une mesure universelle de l’intelligence.
Le célèbre Border Collie détrôné ?
La question revient forcément lorsqu’on parle d’intelligence canine.
Le Border Collie est depuis longtemps considéré comme l’une des races les plus performantes pour l’apprentissage et le travail avec l’être humain. Pourtant, l’étude finlandaise ne permet pas de conclure qu’il serait désormais « détrôné » par le Malinois.

Les deux races présentent simplement des profils différents selon les exercices.
Le Malinois s’est montré particulièrement performant dans certaines tâches de compréhension des gestes et de résolution spatiale, tandis que le Border Collie figurait parmi les meilleurs dans le test de contrôle inhibiteur.
Il n’existe donc pas de « QI » universel chez le chien
Cette étude apporte finalement une réponse plus complexe que le simple classement attendu.
Il n’existe pas une seule forme d’intelligence canine. Les capacités d’un chien peuvent dépendre de sa race, mais également de son individu, de son environnement, de son expérience et du type de tâche qui lui est proposé.
Les résultats des chercheurs montrent surtout que certaines races ont été sélectionnées au fil du temps pour des aptitudes particulières et que ces différences peuvent encore être observées dans des tests standardisés.
Ainsi, présenter le Malinois comme « le chien le plus intelligent du monde » serait aller au-delà de ce que démontre réellement l’étude.
Une chose est toutefois certaine : avec plus de 1 000 chiens testés et plusieurs dimensions cognitives étudiées, ces travaux offrent un éclairage particulièrement intéressant sur les capacités étonnamment variées de nos compagnons à quatre pattes.


