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« Vous ne toucherez pas mes bovins » : en Ariège, une éleveuse déboutée s’enfuit avec son troupeau pour éviter la vaccination

Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté le recours d’une exploitante agricole qui refusait de vacciner ses bêtes contre la dermatose nodulaire. Malgré l’intervention des forces de l’ordre vendredi matin, l’éleveuse a pris la fuite avec son troupeau pour échapper aux vétérinaires.

L’affaire a débuté par une décision de justice claire. Ce jeudi 16 avril, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande d’une exploitante de Baulou. Cette éleveuse de l’Ariège a contesté l’arrêté préfectoral imposant la vaccination d’office de ses bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse. Face à cette décision, elle a sollicité la justice pour obtenir la suspension d’une mesure qu’elle jugeait irréversible. Toutefois, le magistrat a estimé que la protection collective du cheptel départemental justifiait cette intervention sanitaire.
Un refus au nom de convictions personnelles
Détentrice de labels de qualité bio et Label Rouge, la requérante a défendu une pratique agroécologique. Elle a affirmé que l’injection de produits pharmaceutiques était « contraire à son éthique professionnelle ». Selon Actu.fr, l’agricultrice a invoqué plusieurs droits fondamentaux, notamment la liberté de conscience et le droit à l’objection de conscience. Elle a soutenu que l’arrêté préfectoral portait une atteinte grave à son droit de propriété et à l’inviolabilité de son domicile.


Cependant, le juge a rejeté ces arguments. Il a rappelé le risque de réapparition de la maladie avant la période estivale. L’ordonnance a précisé que la décision préfectorale n’était pas disproportionnée. Le tribunal a également souligné que l’éleveuse n’avait pas prouvé d’effets défavorables sur la valeur économique de son exploitation.
« Sans mon consentement, il ne peut pas y avoir de vaccination »
Dès 5 heures, le vendredi 17 avril, les forces de l’ordre ont bloqué l’accès à la ferme. Une quarantaine de militants et de soutiens ont rejoint les lieux pour entraver l’action des services vétérinaires. Des tensions ont éclaté lorsque des manifestants ont placé un véhicule au milieu de la chaussée. Christelle Record s’était rendue tôt au tribunal de Foix pour saisir le juge des libertés, mais sa démarche a échoué.
À son retour sur l’exploitation vers 9 h 30, l’éleveuse a manifesté fermement son opposition. Elle a déclaré à la sous-préfète présente : « Vous ne toucherez pas mes bovins ! » D’après les informations de France 3 Occitanie, l’avocate de l’éleveuse, Me Diane Protat, a tenté jusqu’au dernier moment d’empêcher l’intervention. L’agricultrice espérait encore convaincre les autorités. Elle avait déclaré la veille : « J’espère pouvoir faire entendre raison au vétérinaire qui viendra sur mon exploitation. Sans mon consentement, il ne peut pas y avoir de vaccination. »
La situation a finalement basculé. Alors que les vétérinaires parvenaient enfin à pénétrer dans la propriété, Christelle Record a choisi la fuite. Elle a emmené ses trente vaches loin de l’exploitation pour éviter leur vaccination. Les bêtes ont traversé une route départementale avant de se mêler à un autre troupeau voisin. Les forces de l’ordre présentes n’ont pas tenté d’intercepter les animaux en mouvement.

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