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« Une première dans son histoire » : le RN franchit un cap inédit au Sénat après les élections sénatoriales

Sénatoriales 2026 : le RN franchit une étape historique et constituera un groupe au Sénat pour la première fois

Le Rassemblement national (RN) a franchi un seuil inédit à l’issue des élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Avec ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti disposera désormais d’un groupe au Palais du Luxembourg. Une première dans son histoire.

Le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre 2026 aura marqué une nouvelle étape dans l’implantation institutionnelle du Rassemblement national. Pour la première fois depuis sa création, le parti pourra constituer un groupe parlementaire au Sénat, après avoir obtenu suffisamment d’élus à l’issue du renouvellement de 178 sièges de la chambre haute.

Le RN comptait jusqu’ici trois sénateurs élus en 2023. Neuf nouveaux sénateurs issus de ses rangs ont été élus lors de ce scrutin. À ces élus doivent s’ajouter trois sénateurs de l’UDR d’Éric Ciotti, permettant au futur groupe RN-UDR d’atteindre environ quinze membres, sous réserve des éventuelles recompositions.

Un seuil nécessaire pour constituer un groupe

Au Sénat, la constitution d’un groupe parlementaire nécessite au minimum dix membres. Avec ses nouveaux élus et l’apport de l’UDR, le RN dépasse donc largement ce seuil.

Cette nouvelle configuration permettra notamment aux sénateurs concernés de bénéficier de moyens et de droits parlementaires supplémentaires : temps de parole, représentation dans les commissions, moyens matériels et possibilité de disposer d’une niche parlementaire.

Le futur groupe doit ainsi permettre au RN de disposer d’une organisation propre au sein de la chambre haute, alors que ses sénateurs étaient jusqu’à présent rattachés aux non-inscrits.

Une progression portée par plusieurs territoires

La progression du RN s’est particulièrement manifestée dans plusieurs départements du Sud et du Sud-Est. Le parti a notamment obtenu de nouveaux sièges dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, le Gard et l’Hérault.

Un siège a également été remporté en Gironde par Edwige Diaz, vice-présidente du RN, tandis qu’un autre a été obtenu en Seine-Maritime. Ces nouveaux élus rejoignent les trois sénateurs RN déjà présents au Palais du Luxembourg depuis 2023.

Cette progression s’inscrit dans un contexte où le Sénat reste largement dominé par la droite et le centre. Les résultats du 27 septembre n’ont donc pas bouleversé l’équilibre général de la chambre haute, même si la composition des groupes évolue.

Edwige Diaz à la tête du futur groupe RN-UDR

Au lendemain du scrutin, une première décision concernant l’organisation du nouveau groupe a été annoncée.

Le 29 septembre, Jordan Bardella a annoncé qu’Edwige Diaz prendrait la présidence du groupe RN-UDR au Sénat. Élue sénatrice de Gironde dimanche, elle devient ainsi la première responsable à diriger cette nouvelle formation parlementaire.

Cette nomination intervient alors que le RN prépare son installation officielle au Palais du Luxembourg, avec le début du mandat des nouveaux sénateurs prévu le 1er octobre.

La majorité de droite et du centre demeure dominante

Malgré la progression du RN, les élections sénatoriales n’ont pas entraîné de changement de majorité au Sénat.

La droite et le centre conservent leur position dominante dans la chambre haute. Les Républicains et l’Union centriste restent les principales forces du Palais du Luxembourg, même si leurs effectifs évoluent à la suite du renouvellement.

Le scrutin a également été marqué par l’entrée de La France insoumise au Sénat avec l’élection de Gabriel Amard dans le Rhône, une première pour le mouvement.

Un scrutin particulier, marqué par le poids des élus locaux

Les sénateurs français sont élus au suffrage universel indirect. Le collège électoral est composé majoritairement d’élus locaux, notamment de délégués des conseils municipaux.

Le renouvellement du 27 septembre concernait 178 des 348 sièges du Sénat. Le scrutin s’est déroulé dans 63 départements ainsi que pour six sièges représentant les Français établis hors de France.

Cette particularité donne aux élections municipales et à l’implantation locale des partis une importance particulière dans la composition de la chambre haute.

Pour le RN, les résultats de septembre 2026 constituent donc aussi un indicateur de son implantation auprès des élus locaux, après les élections municipales organisées au printemps. Des analyses publiées après le scrutin soulignent notamment les progrès réalisés dans plusieurs territoires ruraux et du Sud-Est.

Une nouvelle configuration avant la présidentielle de 2027

Ces élections sénatoriales interviennent à environ sept mois de l’élection présidentielle de 2027. Le calendrier donne évidemment une dimension politique particulière à cette progression, même si les deux scrutins obéissent à des modes de scrutin et à des logiques électorales très différents.

La création d’un groupe RN-UDR donnera désormais au parti une présence structurée au sein des deux chambres du Parlement. À l’Assemblée nationale comme au Sénat, le mouvement disposera ainsi de groupes parlementaires capables de participer directement aux travaux des institutions.

Le Sénat conserve toutefois un fonctionnement propre et la majorité de droite et du centre demeure largement dominante. La constitution d’un groupe RN ne signifie donc pas un changement de majorité à elle seule.

Avec cette nouvelle étape, le Rassemblement national entre néanmoins dans une configuration inédite au Palais du Luxembourg : pour la première fois, ses élus pourront y fonctionner comme un groupe parlementaire constitué.

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