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Téléphone au volant : le permis pourra désormais être suspendu partout en France

La mesure, déjà appliquée dans une vingtaine de départements, est désormais généralisée à l’ensemble du territoire. Un conducteur contrôlé en train de tenir son téléphone à la main pourra faire l’objet d’une suspension administrative de son permis, même si aucune autre infraction n’est constatée.

Les automobilistes français vont devoir redoubler de vigilance. Le gouvernement vient de généraliser à l’ensemble du territoire un dispositif permettant de suspendre temporairement le permis de conduire en cas d’usage du téléphone au volant.

L’annonce a été faite par Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, dans un entretien accordé au Figaro. Jusqu’à présent, cette possibilité n’était effectivement utilisée que dans une vingtaine de départements.

Le simple fait de tenir son téléphone peut désormais coûter le permis

La nouvelle mesure vise directement l’utilisation du téléphone tenu en main au volant.

Autrement dit, il n’est plus nécessaire que le conducteur commette simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour qu’une suspension administrative puisse être envisagée.

Une instruction signée le 29 septembre par Laurent Nuñez et Marie-Pierre Vedrenne demande aux préfets de généraliser cette possibilité. La décision de suspendre le permis revient au préfet et non directement aux policiers ou aux gendarmes qui effectuent le contrôle.

La durée de la suspension sera déterminée en fonction des circonstances et du parcours du conducteur.

Jusqu’à six mois de suspension dans certains cas

Dans les départements où le dispositif était déjà appliqué, la suspension était généralement de 15 jours.

Mais la sanction peut être plus importante. Selon le gouvernement, elle peut atteindre un mois et, dans certains cas, jusqu’à six mois.

Cette possibilité s’inscrit dans le cadre juridique du Code de la route. L’utilisation d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation est interdite et constitue une contravention de quatrième classe. Elle entraîne également une perte de trois points sur le permis.

La suspension administrative vient donc s’ajouter aux sanctions déjà prévues.

Une mesure qui concerne tous les conducteurs

Le gouvernement insiste sur le fait que cette nouvelle politique ne vise pas uniquement les conducteurs ayant déjà commis plusieurs infractions.

« La cible, c’est vraiment monsieur et madame Tout-le-Monde », a expliqué Marie-Pierre Vedrenne, estimant que l’utilisation du téléphone au volant s’était banalisée.

Le ministère s’appuie également sur les données de la Sécurité routière : 695 360 infractions liées à l’utilisation du téléphone ou d’une oreillette au volant ont été relevées en 2025, soit une hausse de 6,7 % par rapport à l’année précédente.

La Sécurité routière indique par ailleurs que l’utilisation du téléphone au volant multiplie par trois le risque d’accident. Lire un message est encore plus dangereux, puisque cette action détourne les yeux de la route pendant plusieurs secondes.

Une première expérimentation jugée encourageante

Le dispositif n’est pas totalement nouveau.

Dans les Landes, par exemple, la suspension administrative en cas d’utilisation du téléphone était appliquée depuis novembre 2025. Au cours des trois premiers mois, 300 permis avaient été suspendus dans le département.

Selon le ministère, l’usage observé du téléphone au volant aurait parallèlement diminué de 12 % dans les territoires ayant mis en œuvre le dispositif.

Le gouvernement souhaite désormais uniformiser la pratique sur tout le territoire.

Ce qui change concrètement pour les automobilistes

Un conducteur contrôlé avec son téléphone à la main reste donc exposé aux sanctions classiques : amende et retrait de trois points.

Mais désormais, le préfet pourra également prononcer une suspension administrative du permis, y compris lorsque l’usage du téléphone constitue la seule infraction constatée lors du contrôle. La durée ne sera pas automatiquement identique pour tout le monde et sera appréciée selon les circonstances et le profil du conducteur.

Cette généralisation marque ainsi un durcissement de la réponse administrative face à une pratique devenue courante sur les routes.

Le message du gouvernement est clair : tenir son téléphone au volant n’est plus considéré comme une simple mauvaise habitude, mais comme un comportement susceptible d’entraîner une suspension temporaire du permis partout en France.

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