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Le Portugal adopte une loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public

Le Portugal rejoint désormais les pays européens ayant choisi d’interdire la dissimulation du visage dans l’espace public. Le président portugais António José Seguro a promulgué, le 18 août 2026, une loi interdisant les vêtements destinés à cacher totalement le visage ou à empêcher l’identification d’une personne.

Une loi qui vise notamment la burqa et le niqab

Le texte ne mentionne pas explicitement les termes « burqa » ou « niqab ». Il interdit plus largement de se couvrir le visage dans les espaces publics, une disposition qui concerne directement les femmes musulmanes portant un voile intégral.

Les personnes qui enfreignent la loi pourront être sanctionnées par des amendes comprises entre 150 et 3 000 euros. Des exceptions sont toutefois prévues, notamment pour des raisons médicales, professionnelles, artistiques ou météorologiques. Les lieux de culte, les missions diplomatiques et les avions bénéficient également de dérogations.

Un texte porté par la droite et l’extrême droite

La mesure avait été initialement proposée par le parti nationaliste Chega avant d’être remaniée avec le soutien de la droite parlementaire. Le Parlement portugais l’a finalement adoptée en juillet, avec l’appui de la coalition gouvernementale de droite et de plusieurs formations situées à droite de l’échiquier politique.

La décision du président António José Seguro est d’autant plus remarquée qu’il est issu du Parti socialiste. Il a néanmoins choisi de promulguer le texte, invoquant notamment la sécurité, l’intégration sociale et la non-discrimination entre les sexes. Il a également souligné la « grande sensibilité sociale et culturelle » du sujet.

Une vive opposition à gauche

L’adoption de cette loi a provoqué de nombreuses réactions au Portugal. Les partis de gauche ont dénoncé une mesure qu’ils considèrent comme discriminatoire à l’égard des femmes musulmanes.

Le Parti socialiste a notamment accusé le texte de poursuivre une intention islamophobe, tandis que le Parti communiste portugais estime qu’il ne répond ni véritablement aux enjeux de sécurité ni à ceux liés aux droits des femmes. Le parti Livre a, lui aussi, dénoncé une instrumentalisation politique de la question de l’islam.

Des organisations de défense des droits humains ont également critiqué la nouvelle législation. Amnesty International a notamment dénoncé une mesure jugée discriminatoire.

Le Portugal rejoint plusieurs pays européens

Avec cette nouvelle loi, le Portugal s’inscrit dans un mouvement déjà engagé dans plusieurs pays européens. La France interdit la dissimulation du visage dans l’espace public depuis 2011. La Belgique, l’Autriche, le Danemark et la Bulgarie ont également adopté des restrictions similaires, tandis que les Pays-Bas appliquent une interdiction partielle dans certains lieux publics.

La nouvelle législation portugaise relance ainsi un débat qui dépasse largement les frontières du pays : celui de l’équilibre entre sécurité, intégration, liberté individuelle et liberté religieuse.

Pour ses défenseurs, l’objectif est de garantir l’identification des personnes et de favoriser les interactions sociales. Pour ses opposants, cette interdiction risque surtout de viser une minorité religieuse et de renforcer les discriminations à son encontre.

Le Portugal devra désormais mettre en œuvre cette nouvelle réglementation dans un contexte européen où la question du voile intégral continue de susciter de fortes tensions politiques et sociétales.

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