Actualités

Interdiction du port du voile dans l’espace public: condamnations chez LFI et les Écologistes, « réserves » du gouvernement et promesse de référendum de Jordan Bardella

Les réactions politiques se succèdent ce lundi 31 août après la promesse du Rassemblement national de sanctionner le port du voile islamique dans l’espace public d’une amende. Le gouvernement et les oppositions de gauche ont critiqué la proposition que Jordan Bardella a pu préciser.
Le Rassemblement national tente d’imposer le port du voile dans la campagne présidentielle. Jean-Philippe Tanguy, lieutenant de Marine Le Pen, a affirmé sur BFMTV ce dimanche que le programme de la candidate prévoyait de « sanctionner le port du voile » islamique par « une amende » s’il arrivait au pouvoir.

Cette annonce n’a pas tardé à faire réagir parmi les oppositions de gauche. Jean-Luc Mélenchon a qualifié la proposition d' »ignoble. »

« Le RN fait une fois de plus la démonstration qu’il n’a pas changé et déverse ses obsessions sexistes et islamophobes avec un unique objectif: diviser notre peuple et fracturer la République pour mieux dominer », a-t-il lancé sur X. Le groupe des députés insoumis à l’Assemblée nationale lui a emboîté le pas.

Le candidat à l’élection présidentielle a formulé une contre-proposition. « Gagnants en 2027, nous restaurerons le droit à la liberté de conscience et à la liberté de culte garanties par nos textes fondamentaux. Et nous concentrerons les moyens de la police pour faire son devoir : arrêter les criminels et non faire la police des vêtements et des croyances! »

« Chercher des boucs émissaires »
Invité de BFMTV cet après-midi, le député écologiste Benjamin Lucas a déclaré qu’il s’agissait d’un « véritable appel à la guerre civile », et assuré que si la candidate du RN « revenait à ses fondamentaux », c’était parce que les thèmes émergents de la campagne ces derniers jours portaient sur la question sociale, les salaires, la taxation des hauts revenus.

« C’est un terrain sur lequel Mme Le Pen n’est pas à l’aise du tout parce qu’elle n’a pas de proposition concrète et sérieuse pour le pouvoir d’achat des Français, leurs services publics et donc elle va chercher des boucs émissaires. »

Les « réserves du gouvernement »
Le gouvernement a émis des doutes sur la « constitutionnalité » et « l’applicabilité » de la promesse du Rassemblement national.

« Il y a des réserves évidentes tant sur la constitutionnalité que l’applicabilité d’une telle mesure », a dit la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon en réponse à une question de la presse à l’issue du Conseil des ministres à l’Élysée

« Par ailleurs, si la question devait être reposée, elle devrait se poser pour l’ensemble des signes religieux visibles dans l’espace public, pas uniquement pour le voile », a estimé Maud Bregeon.

Jordan Bardella promet « un débat de société »
Face à ces réactions, Jordan Bardella, patron du Rassemblement national a voulu se montrer rassurant en déclarant que la proposition ne serait pas instaurée « au lendemain » d’une éventuelle victoire à l’élection présidentielle mais ferait l’objet d’un référendum sur « la question de l’idéologie islamiste » incluant le sujet du port du voile sur l’espace public.

« Il y a une inquiétude avec la montée du fondamentalisme religieux. Il y aura évidemment une proposition pour étendre l’interdiction des signes religieux à l’école dans l’espace public », a-t-il assuré lors d’un point presse devant le siège du parti.

Le président de RN a expliqué que ce référendum, qui succéderait à un premier sur le thème de l’immigration, permettrait d’ouvrir un échange. « Il y aura un débat de société. » En cas de validation référendaire, Jordan Bardella a indiqué qu' »un projet de loi contre l’idéologie islamiste serait proposé. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *