« C’est considéré comme islamophobe » : Sandrine Rousseau s’en prend aux banquets du Canon français où l’on mange du porc

La députée écologiste Sandrine Rousseau a fermement critiqué les grands repas traditionnels organisés par le Canon français. Selon l’élue, la place centrale du porc dans ces rassemblements peut être perçue comme un facteur d’exclusion pour certaines personnes en raison de prescriptions religieuses.
Ce lundi 22 juin, dans une vidéo relayée sur le réseau social X, la députée écologiste Sandrine Rousseau a vertement critiqué les banquets du Canon français. L’élue a directement ciblé ces grands rassemblements populaires et festifs qui réunissent des milliers de convives autour de produits du terroir et de chansons traditionnelles.
Des accusations d’antisémitisme et d’islamophobie
Dans la séquence vidéo, la députée affirme : « Les Canons français, ils sont tous avec des bérets, moitié avinés. […] Ils ont l’air à moitié bourrés là-dedans. Et surtout ils mangent du porc, mais en fait ça ce n’est pas considéré comme antisémite ! C’est bizarre en fait ! » La députée a poursuivi son argumentation en liant directement cette pratique culinaire à une autre forme de discrimination, ajoutant : « C’est considéré comme islamophobe, mais c’est OK, d’une certaine manière, mais par contre ce n’est pas considéré comme antisémite. »
« Vraiment, ça me sidère. C’est-à-dire qu’on a complètement gommé l’antisémitisme de l’extrême droite, qui est quand même un antisémitisme politique historique structurel et systémique. Ils viennent de là, les racines viennent de là », a-t-elle ajouté.
Une entreprise régulièrement prise pour cible
Cette sortie s’inscrit dans un contexte de vives tensions politiques autour du Canon français. De fait, l’entreprise est régulièrement prise pour cible par la gauche et l’extrême gauche depuis que le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin en est devenu actionnaire minoritaire, indique Le Figaro.
Avant cet épisode, la députée LFI Sarah Legrain avait déjà suscité la controverse à l’Assemblée nationale. Cette dernière avait accusé le gouvernement de laisser « le Canon français semer la terreur dans le pays ». De plus, l’eurodéputée LFI Emma Fourreau a tenté de faire annuler un événement en avril à Caen, tandis que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a critiqué un rassemblement de 4000 personnes autour d’un cochon à la broche.
Une récurrence dans la politisation de l’alimentation
Les cofondateurs du Canon français, Géraud de la Tour et Pierre-Alexandre de Boisse, contestent ces accusations et affirment que leur démarche vise avant tout à valoriser le terroir, le patrimoine et le vivre-ensemble.
À Colmar, le 30 mai dernier, leur banquet alsacien a d’ailleurs réuni plus de 3500 personnes. Le dispositif de sécurité avait d’ailleurs été renforcé. Pierre-Alexandre de Boisse déplore un harcèlement et précise que l’entreprise propose de nombreuses viandes différentes, ajoutant que le terme « canon » fait référence au verre de vin et non à une symbolique guerrière.
Des prises de position régulières sur la viande
Dans une interview accordée en mai dernier à l’association Futur — dédiée à l’écologie et à la cause animale — Sandrine Rousseau a également provoqué la controverse en évoquant sa volonté de requalifier les steaks en « cadavres d’animaux » dans les menus des restaurants. Elle a déploré l’usage de termes qui occultent la réalité de l’abattage animal.
De la même manière, la députée écologiste avait déjà suscité de nombreuses réactions en août 2022 lorsqu’elle s’en était prise aux barbecues lors d’une table ronde organisée pendant les Universités d’été de son mouvement à Grenoble. « Il faut changer aussi de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité », avait-elle dénoncé, comme le rapportait BFMTV.
Cette nouvelle prise de position s’inscrit dans une série de débats récurrents autour de l’alimentation, de l’identité culturelle et de la place des pratiques traditionnelles dans l’espace public.


