Blocus des lycées : visiblement très énervée, cette mère récupère son fils lycéen devant tous ses camarades (vidéo)

Ce mardi 6 octobre, une nouvelle vidéo de blocus circule à toute vitesse sur les réseaux sociaux. Devant un lycée, au milieu des élèves rassemblés, une mère surgit pour récupérer son fils. Et elle ne cache pas sa colère.
La scène se déroule sous les yeux de tous les camarades de l’adolescent. Publiée sur X par un compte spécialisé dans les vidéos insolites, la séquence a rapidement été reprise sur les réseaux sociaux.
Le lieu exact n’a pas été précisé, pas plus que l’identité de la mère et de son fils. Mais la vidéo tombe un jour particulier : celui de l’« acte III » du mouvement lycéen, une journée que les organisations de jeunesse qualifient de record.
Selon le ministère de l’Éducation nationale, 891 lycées sur les 3 700 que compte la France ont vu leurs cours suspendus, totalement ou partiellement, ce mardi. L’Union syndicale lycéenne avance de son côté le chiffre de 1 800 lycées bloqués ou fermés. Le ministère de l’Intérieur comptait 256 000 manifestants à 17 heures, dont 56 000 à Paris.

Le bilan des violences reste lourd. Depuis le 28 septembre, l’Intérieur recense 6 059 interpellations et 715 policiers et gendarmes blessés. Matignon fait état de 215 élèves blessés, et le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, signalait dimanche 24 établissements « incendiés ou saccagés ». Ce mardi encore, 488 personnes ont été interpellées en marge des cortèges.
Sur le fond, les lycéens réclament toujours plus de moyens : des professeurs, des places, du matériel. Le gouvernement a déjà renoncé à faire payer l’inscription en BTS et en classes prépa aux étudiants non boursiers, sans parvenir à éteindre la colère.
Voici la scène qui fait réagir. Selon le compte qui l’a publiée, la mère, « visiblement très énervée », est venue récupérer son fils en plein blocus, devant les autres lycéens.
Le même compte affirme qu’elle lui aurait donné quelques coups avant de l’emmener. Ces images n’ont pas été authentifiées, et ni le lieu ni la date exacte de la scène n’ont été précisés.
Une chose est sûre : la scène tranche avec les images de cortèges et d’interpellations diffusées depuis une semaine. Ici, pas de policiers ni de gaz lacrymogène, mais une mère qui décide, seule, que la place de son fils n’est pas devant ce lycée.
Cette vidéo n’est pas la première du genre. Vendredi déjà, à Belfort, une mère venait chercher son fils au milieu d’un blocus. À Arpajon, dans l’Essonne, un lycéen masqué était poursuivi par une femme présentée comme sa mère. Les parents sont devenus l’un des visages inattendus du mouvement.
Le gouvernement les a lui-même placés en première ligne. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts commis par leurs enfants. Côté assurance, la garantie responsabilité civile de l’assurance habitation couvre en principe les dommages causés par un enfant mineur, mais les dégradations volontaires peuvent être exclues selon les contrats.

La scène de ce mardi pose aussi une autre question. Depuis la loi du 10 juillet 2019, le Code civil précise que l’autorité parentale s’exerce « sans violences physiques ou psychologiques ». Ramener un adolescent à la maison est une chose, le faire devant toute une cour de lycée en est une autre : c’est toute la question que soulève cette vidéo.
Après cette journée record, tous les regards se tournent vers le gouvernement. À sept mois de l’élection présidentielle, l’exécutif doit trouver une sortie de crise, alors que les blocus ont déjà touché des centaines d’établissements en une semaine.
Pour les familles, la fin de semaine reste incertaine. Le plus sûr est de suivre les messages de l’établissement et de l’académie, qui annoncent au jour le jour les suspensions de cours et les fermetures. Le ministre de l’Éducation l’a répété aux parents : « Dans la rue, les enfants sont en danger. »
Une chose est certaine : depuis vendredi, les vidéos de parents venus chercher leurs enfants circulent autant que les images de cortèges. Dans ce mouvement lycéen d’une ampleur rare, les familles sont devenues, presque malgré elles, des actrices à part entière.


