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« Arrêtez ! Reculez ! » : les images de Bally Bagayoko s’interposant entre lycéens et forces de l’ordre font le tour de la presse internationale

La scène a été filmée mardi 6 octobre à Paris, en marge de la mobilisation nationale des lycéens. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s’est placé entre des jeunes manifestants et les forces de l’ordre alors que la tension montait. Les images, rapidement devenues virales, ont été reprises par Reuters et plusieurs médias étrangers. L’élu a ensuite été exposé aux gaz lacrymogènes.

Une séquence de quelques secondes suffit parfois à devenir l’une des images fortes d’une journée de mobilisation. C’est le cas de Bally Bagayoko. Mardi 6 octobre, alors que plusieurs milliers de lycéens et de soutiens défilaient à Paris, le maire de Saint-Denis s’est retrouvé au milieu d’une situation tendue entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux, l’élu de La France insoumise apparaît face aux policiers et tente de s’interposer entre eux et plusieurs jeunes. Il répète alors : « Arrêtez ! Arrêtez ! », avant de demander aux forces de l’ordre de reculer.

La scène a rapidement dépassé les frontières françaises. Une dépêche de Reuters, publiée le 7 octobre, décrit notamment le maire comme s’étant placé devant les jeunes manifestants pour tenter de les protéger. La séquence a ensuite été reprise par plusieurs médias étrangers, notamment en Espagne, en Italie et en Australie.

Une scène filmée au cœur de fortes tensions

La scène intervient lors du troisième grand temps fort de la mobilisation lycéenne commencée à la mi-septembre.

Les jeunes manifestants dénoncent notamment le manque de professeurs, les classes surchargées, l’état de certains établissements et, plus largement, les conditions d’enseignement. Le mouvement s’est progressivement étendu à de nombreuses villes françaises.

Le 6 octobre, le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 266 000 manifestants en France, dont 56 000 à Paris. Les organisateurs ont avancé un chiffre nettement supérieur, autour de 450 000 personnes au niveau national. La journée s’est déroulée sans incident dans de nombreux endroits, mais des affrontements ont éclaté en fin de manifestation à Paris. Le ministère a fait état de 488 interpellations.

C’est dans ce contexte que Bally Bagayoko a rejoint le cortège parisien.

« Arrêtez ! » : le maire tente de s’interposer

Les images montrent le maire de Saint-Denis se positionner entre les jeunes et les policiers au moment où la tension monte.

Le Parisien rapporte que l’élu a crié à plusieurs reprises : « Arrêtez, arrêtez, vous arrêtez », alors qu’il se trouvait entre les manifestants et les membres des forces de l’ordre.

Bally Bagayoko a ensuite expliqué à Reuters qu’il avait voulu empêcher une intervention contre les jeunes. Selon son récit, certains manifestants ne manifestaient pas de comportement agressif envers les policiers et il a décidé de se placer au milieu du face-à-face.

L’élu a également expliqué que son intervention répondait à une volonté de protection des jeunes. Il a notamment déclaré que les lycéens présents dans la rue « pourraient être [ses] enfants ».

Une déclaration qui a contribué à donner une dimension particulière à la séquence, largement relayée dans les médias étrangers.

Bally Bagayoko touché par des gaz lacrymogènes

Quelques instants plus tard, la situation s’est encore tendue.

D’autres images montrent Bally Bagayoko pris dans un nuage de gaz lacrymogène. Visiblement incommodé, il a dû quitter le secteur avec l’aide de personnes présentes dans le cortège. Des manifestants lui ont ensuite administré du sérum physiologique pour soulager ses yeux.

Le maire a ensuite dénoncé ce qu’il considère comme un usage disproportionné de la force.

« Nous risquons d’avoir un drame », a-t-il notamment alerté, appelant Emmanuel Macron et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez à favoriser une désescalade et à ouvrir des discussions avec les organisations lycéennes.

Bally Bagayoko a toutefois également déclaré condamner les agressions dont il avait lui-même été victime, tout en contestant la manière dont certaines interventions policières avaient été conduites.

Une séquence qui dépasse rapidement les frontières françaises

La particularité de cette affaire tient aussi à la vitesse avec laquelle les images ont circulé.

Reuters a consacré un reportage à l’élu dès le lendemain de la manifestation. L’agence internationale présente la vidéo comme une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux et revient sur les déclarations de Bally Bagayoko concernant son intervention face aux policiers.

En Australie, ABC News a également repris les images de Reuters sous un titre consacré au maire ayant tenté de se placer entre les policiers et les étudiants avant d’être atteint par des gaz lacrymogènes. Le média rapporte également les explications données par l’élu sur son intervention.

En Espagne, El País a diffusé les images montrant Bally Bagayoko recevant des soins après avoir été exposé aux gaz. En Italie, l’agence Reuters a également été reprise par Internazionale.

La scène est ainsi devenue l’une des images emblématiques de cette journée de mobilisation.

Un élu déjà au centre de la polémique

Cette nouvelle séquence intervient alors que Bally Bagayoko est déjà très présent dans le débat autour de la mobilisation lycéenne.

Le maire de Saint-Denis s’était rendu à plusieurs reprises auprès des jeunes mobilisés dans sa commune. Il assume cette présence et estime qu’un élu doit être aux côtés des habitants et des jeunes lorsqu’ils expriment leurs revendications.

Cette position lui vaut cependant de nombreuses critiques.

Fin septembre, le préfet de police de Paris avait effectué un signalement au procureur de Bobigny concernant des faits présumés de « provocation à commettre un délit », dans le contexte des mobilisations lycéennes. Le préfet reprochait notamment à l’élu certains propos susceptibles, selon lui, de présenter la réaction violente comme une réponse compréhensible ou légitime à l’action des forces de l’ordre.

Cette démarche judiciaire ne signifie pas qu’une infraction a été établie : il s’agit d’un signalement portant sur des faits présumés.

Le gouvernement et LFI s’opposent sur l’interprétation du mouvement

La présence de Bally Bagayoko dans les cortèges nourrit également une bataille politique.

Le gouvernement accuse La France insoumise d’encourager ou d’entretenir certaines mobilisations et violences autour des lycées. Les responsables de LFI contestent cette lecture et affirment soutenir les revendications des jeunes tout en défendant des méthodes d’action non violentes.

Bally Bagayoko rejette lui aussi l’idée selon laquelle son implication aurait pour objectif d’organiser les violences. Il affirme au contraire vouloir éviter que la situation dégénère et appelle les lycéens à ne pas céder aux provocations. Reuters rapporte qu’il considère cette présence comme une responsabilité morale envers les jeunes de son territoire.

Une mobilisation qui continue

Le mouvement lycéen reste particulièrement suivi par les autorités. Le 6 octobre, le ministère de l’Éducation indiquait que 891 lycées sur environ 3 700 avaient vu leurs cours totalement ou partiellement suspendus, toutes causes confondues. Dans la région parisienne, plusieurs centaines d’établissements ont également été perturbés.

Les autorités doivent désormais gérer un double enjeu : répondre aux revendications exprimées par les lycéens tout en maintenant l’ordre lors des rassemblements.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu la légitimité de certaines revendications et annoncé que des réponses gouvernementales seraient présentées d’ici la fin du mois d’octobre.

Une image devenue le symbole d’un face-à-face sous tension

Au-delà des clivages politiques, la vidéo de Bally Bagayoko illustre surtout la tension qui s’est installée depuis plusieurs semaines autour des mobilisations lycéennes.

D’un côté, des jeunes réclament davantage de moyens et dénoncent leurs conditions d’études. De l’autre, les forces de l’ordre sont mobilisées pour encadrer les rassemblements et intervenir lorsque des incidents surviennent.

Au milieu de ce face-à-face, l’image du maire de Saint-Denis levant la voix — « Arrêtez ! Reculez ! » — a retenu l’attention bien au-delà de la France.

Son exposition aux gaz lacrymogènes a ensuite donné une seconde dimension à la séquence. Pour Bally Bagayoko, elle illustre les risques d’une escalade. Pour ses détracteurs, elle s’inscrit dans une implication politique qu’ils jugent contestable.

Une chose est certaine : en quelques heures, ces images sont devenues virales et ont franchi les frontières françaises, transformant une scène de quelques secondes en l’un des symboles de la mobilisation lycéenne de ce début d’octobre 2026.

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