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Accusations d’antisémitisme : le RN fait bloc derrière Jordan Bardella et attaque Mediapart

Jordan Bardella continue de bénéficier du soutien des principales figures du Rassemblement national après les révélations de Mediapart sur des messages antisémites qui lui sont attribués. Le président du RN conteste formellement en être l’auteur, tandis que plusieurs cadres du parti dénoncent une « campagne épouvantable » et mettent en cause les méthodes du média d’investigation.

La polémique autour de Jordan Bardella ne retombe pas. Une semaine après les premières révélations de Mediapart concernant d’anciens échanges privés attribués au président du Rassemblement national, les principaux responsables du parti affichent leur soutien à leur dirigeant.

Dimanche 4 octobre, Jean-Philippe Tanguy et Laurent Jacobelli ont ainsi réaffirmé publiquement leur confiance en Jordan Bardella, tout en s’en prenant aux méthodes de Mediapart. Le député RN de la Somme a notamment dénoncé une « campagne épouvantable » et déclaré que son parti « fait bloc » derrière son président.

Des messages datant de 2013 au cœur de la polémique

L’affaire trouve son origine dans une enquête publiée le 28 septembre par Mediapart. Le média affirme avoir retrouvé plusieurs conversations privées datant de 2013, période durant laquelle Jordan Bardella était encore un jeune militant politique.

Certains messages contiennent, selon Mediapart, des propos à caractère antisémite. Le média a notamment publié des extraits attribués au futur président du RN et affirme avoir recueilli des témoignages permettant d’étayer l’identification de leur auteur.

Jordan Bardella a immédiatement contesté ces accusations. Il affirme ne pas être l’auteur des messages et les a qualifiés de « faux grossiers ».

Le dossier a toutefois connu un nouveau développement le 1er octobre. Mediapart a publié de nouveaux éléments présentés comme permettant d’authentifier les échanges : une extraction de données fournie par Meta, la maison mère de Facebook, aurait été réalisée le 16 août puis certifiée par un commissaire de justice le 29 septembre.

Le RN réaffirme son soutien à Bardella

Face à ces accusations, les responsables du Rassemblement national ont choisi de défendre publiquement Jordan Bardella.

Invité sur CNEWS et Europe 1, Jean-Philippe Tanguy a déclaré : « Je réitère mon soutien et mon amitié à Jordan Bardella face à une campagne épouvantable. »

Le député a également rejeté l’accusation portée contre le président du RN et affirmé que celui-ci n’avait « jamais écrit, prononcé, pensé ces propos », ajoutant qu’il en avait « la conviction intime ».

Même position du côté de Laurent Jacobelli. Le porte-parole du RN a lui aussi défendu Jordan Bardella et mis en doute les éléments avancés par Mediapart.

Selon lui, le constat réalisé par un commissaire de justice ne permettrait pas, à lui seul, d’établir que Jordan Bardella était bien l’auteur des messages. Il a également questionné le délai entre l’extraction des données et leur publication.

Marine Le Pen affiche sa « totale confiance »

Avant les déclarations des cadres du RN, Marine Le Pen avait elle aussi pris publiquement position.

Samedi, la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027 a affirmé au journal La Tribune Dimanche avoir « totalement confiance en Jordan ».

Cette prise de position intervient alors que Jordan Bardella occupe une place centrale dans la stratégie du parti en vue de la prochaine présidentielle.

Marine Le Pen avait déjà réagi aux premières révélations de Mediapart en dénonçant ce qu’elle considère comme une attaque politique contre son mouvement.

Mediapart maintient ses accusations

De son côté, Mediapart maintient son enquête et défend sa méthode.

Le média affirme que les conversations ont été transmises par deux sources distinctes issues de l’entourage de Jordan Bardella. Il dit également avoir procédé à des vérifications à partir de plusieurs éléments biographiques contenus dans les échanges.

Selon Mediapart, certaines informations personnelles évoquées dans les conversations — notamment les origines familiales du responsable politique ou des éléments de son parcours de jeunesse — auraient contribué à identifier l’auteur des messages.

Le média a par ailleurs indiqué être prêt à faire de nouveau authentifier son export de données en présence de sa source afin de répondre aux critiques formulées par le RN.

Une bataille politique et médiatique qui se poursuit

Au-delà de la question des messages eux-mêmes, l’affaire provoque désormais un affrontement ouvert entre le Rassemblement national et Mediapart.

Jean-Philippe Tanguy accuse le média de mauvaise foi et dénonce ses méthodes d’investigation. Laurent Jacobelli évoque quant à lui une possible succession de « rumeurs » et de « calomnies » visant le parti à l’approche de la présidentielle.

De son côté, Mediapart continue de défendre les éléments de son enquête.

À ce stade, il convient donc de distinguer clairement les accusations publiées par le média, les éléments d’authentification qu’il affirme avoir obtenus et les contestations de Jordan Bardella et de ses soutiens. L’intéressé nie être l’auteur des messages qui lui sont attribués.

Cette controverse intervient alors que le RN cherche depuis plusieurs années à modifier son image publique et à mettre en avant sa rupture avec certains courants antisémites historiquement associés à l’extrême droite française. Elle place également Jordan Bardella au centre d’une nouvelle séquence médiatique à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle de 2027.

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