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« Vendre à la découpe » : Jean-Luc Mélenchon veut démanteler et « confisquer » certains médias, dont le groupe Bolloré

En cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027, le fondateur de La France insoumise a annoncé son intention de démanteler les grands groupes de presse. Il a notamment ciblé les actifs de Vincent Bolloré, évoquant des saisies historiques pour justifier son projet de réforme radicale.

Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 23 février dans le Xe arrondissement de Paris, Jean-Luc Mélenchon a dévoilé son plan contre la concentration médiatique. Le leader insoumis a affirmé qu’une loi spécifique viserait à briser les monopoles s’il accédait à l’Élysée. Pour illustrer son propos, il a pris pour cible directe les possessions de l’homme d’affaires breton, Vincent Bolloré.
« Il va de soi que l’empire Bolloré sera rompu »
L’ancien candidat à la présidentielle a souhaité marquer une rupture nette avec le paysage audiovisuel et journalistique actuel. Selon lui, le pluralisme exige de limiter strictement la propriété des titres. « Il ne doit plus être possible de posséder une, deux télés, un ou deux journaux, une ou deux radios, et pire que tout, en même temps, et jusqu’à l’édition », a-t-il martelé.

« Il va de soi que l’empire Bolloré sera rompu et vendu par appartement, on dit aujourd’hui, pour dire à la découpe, voilà. Il sera vendu à la découpe », a poursuivi le chef de file des Insoumis devant une assemblée choisie.
Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon a envisagé des mesures encore plus coercitives que la simple vente forcée. Le tribun a effectivement évoqué la possibilité de saisies pures et simples de certaines rédactions. Pour légitimer cette option, il a établi un parallèle avec l’épuration à la Libération. « Par exemple, le journal qu’il y avait avant Le Monde a été confisqué pour collaboration. […] Ça arrive, des fois, on saisit, on confisque », a-t-il déclaré en s’appuyant sur ce précédent de l’après-guerre.
Une sélection rigoureuse des journalistes
Toutefois, cette volonté de « libérer les médias » s’est accompagnée d’une méthode de communication restrictive. Les organisateurs avaient convié uniquement une poignée de titres présentés comme des « nouveaux médias », à l’instar de Mediapart, Blast ou Le Média. Cette liste intégrait également des influenceurs et des youtubeurs, afin de privilégier ces nouveaux canaux de diffusion. À l’inverse, La France insoumise a tenu à l’écart la grande majorité des rédactions nationales et le service public.

Des médias tels que l’AFPTV, Libération et TF1 n’ont pas obtenu d’accréditation. Le quotidien de la rue de Châteaudun a précisé que les rédactions écartées avaient tout de même reçu un communiqué de presse les informant de la tenue de cet événement. Le parti a néanmoins refusé l’accès aux journalistes issus des titres traditionnels. Dans ce climat de tension, la question des médias apparaît plus que jamais comme un terrain central de l’affrontement politique.


« Ce sont les médias qui ont un problème avec moi »
Face aux critiques sur ces exclusions, le leader insoumis a maintenu une ligne de fermeté absolue. « Je n’ai pas de problème avec les médias, ce sont les médias qui ont un problème avec moi », a-t-il martelé avant d’ajouter : « Nous invitons qui nous voulons. »
Pour justifier sa stratégie, Jean-Luc Mélenchon a fustigé le traitement réservé à son mouvement par les grands diffuseurs. « Même si on n’aime pas les Insoumis, beaucoup de gens sont choqués par le côté rouleau compresseur quotidien permanent. Sur les chaînes de télé, on a l’impression de participer à des séances de l’Inquisition », a ainsi dénoncé le triple candidat à la présidentielle, qui semble faire de la question des médias un pilier de sa future campagne.

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