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« Une république bananière » : Jean-Luc Mélenchon fustige le classement de LFI à l’extrême gauche

Une circulaire du ministère de l’Intérieur relative aux élections municipales de mars 2026 modifie le classement politique de La France insoumise. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon bascule de la catégorie « gauche » vers « extrême gauche », suscitant une vive réaction des dirigeants insoumis qui annoncent un recours devant le Conseil d’État.

Le ministère de l’Intérieur a publié lundi une circulaire concernant l’attribution des nuances politiques pour les élections municipales, communautaires, métropolitaines de Lyon et d’arrondissements des 15 et 22 mars 2026,selon Le JDD. Ce document, rendu public mardi, opère un changement majeur : La France insoumise rejoint désormais la catégorie « extrême gauche » aux côtés de formations comme Lutte ouvrière, le Nouveau parti anticapitaliste ou le Parti ouvrier indépendant.

Un changement de classification inédit
Jusqu’à présent, LFI figurait dans le bloc « gauche », au même titre que le Parti communiste français, les socialistes ou les écologistes. Le parti bénéficiait de cette classification lors des scrutins de 2020 et 2023. Seules des organisations comme Lutte Ouvrière ou le NPA étaient positionnées à l’extrême gauche. Le Conseil d’État avait d’ailleurs confirmé ce classement en mars 2024.

Cette circulaire est publiée avant chaque grande élection dans le pays. Elle donne des indications pour catégoriser les différents candidats et informer les électeurs. Le ministère de l’Intérieur ne précise toutefois pas les critères qui ont conduit à cette modification, rapporte RMC-BFMTV.

« Nuñez innove et trouble l’ordre public électoral »
« Nuñez innove et trouble l’ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques », a réagi Jean-Luc Mélenchon sur X ce mercredi. « Alors qu’en 2020 et 2023 LFI était classée à gauche, le ministre décide, à la Trump, de nous classer ‘extrême gauche’ comme ‘nuance’ dans ses décomptes. » Le tribun s’interroge : « Depuis quand le ministre de l’Intérieur décide de ce type de changement ? Pour satisfaire quelle demande et de qui ? Pourquoi maintenant ? » Il ajoute : « Ces lettres sont celles d’une république bananière. »

La décision provoque l’indignation dans les rangs insoumis. « Le macronisme instrumentalise l’État au service de sa stratégie politique du « ni-ni » », dénonce Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, selon Le JDD.

Un recours devant le Conseil d’État
Le député de Haute-Garonne Hadrien Clouet estime que le ministre de l’Intérieur « désavoue le Conseil d’État, les historiens, les juristes… unanimes », rapporte Le JDD. Il prédit : « Demain ce sera le PCF. Puis les Verts. Puis toute opposition qui ne vote pas le budget. »

Les insoumis saisissent le Conseil d’État pour contester cette décision administrative. « Nous faisons un recours », annonce Hadrien Clouet. Reste à déterminer si cette requête sera examinée avant le scrutin, prévu dans moins de 40 jours, précise RMC-BFMTV.

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