Tout savoir sur le célèbre feuilleton télé “Belle et Sébastien”

Le célèbre feuilleton télévisé des années 1960 continue de traverser les générations en racontant une histoire simple et puissante : celle d’une amitié indéfectible entre un jeune garçon solitaire et une chienne des Pyrénées injustement redoutée.
Une histoire née de la peur… et de la tendresse
Dans un petit village de montagne, la rumeur enfle : un mystérieux « monstre blanc » rôderait dans les environs. Les habitants, gagnés par la peur, obtiennent même un arrêté autorisant à abattre l’animal au premier regard. Mais derrière cette menace fantasmée se cache une réalité bien différente : le monstre n’est autre qu’une chienne des Pyrénées, douce et inoffensive, échappée d’un chenil.
Seul Sébastien, un jeune garçon orphelin élevé par le vieux berger César aux côtés de deux autres enfants, ose voir au-delà des apparences. Refusant de céder à la peur collective, il décide de protéger l’animal, la recueille et lui donne un nom : Belle. Très vite, une relation unique se tisse entre eux. Ensemble, ils affrontent la méfiance des adultes, les dangers de la montagne et vivent une série d’aventures aussi émouvantes que palpitantes, au cœur des paysages alpins. Chacun comble la solitude de l’autre, dans un lien fait de confiance, de courage et de loyauté.
Un feuilleton culte au style intemporel
Si l’histoire est aujourd’hui indissociable du petit écran, elle a d’abord pris vie sur le papier. Elle ne sera pourtant publiée dans la célèbre Bibliothèque verte qu’en 1966, soit un an après la diffusion des treize premiers épisodes de Belle et Sébastien, chacun d’une durée de vingt-six minutes. Le succès est immédiat et durable, au point de donner naissance à deux saisons supplémentaires.
Le rôle de Sébastien est incarné par le jeune Mehdi El Glaoui, dirigé par sa propre mère, Cécile Aubry, à la fois auteure et réalisatrice de la série. Cette proximité familiale confère à l’œuvre une sincérité et une sensibilité qui marqueront profondément le public.
Des décennies plus tard, l’univers connaît une nouvelle vie au cinéma, notamment en 2013 sous la direction du réalisateur spécialiste des grands espaces, Nicolas Vannier, avant d’être décliné dans deux autres films en 2015 et 2017.

Cécile Aubry, une conteuse inspirée par la nature
Née Anne-Josée Bénard en 1928 à Paris, Cécile Aubry débute sa carrière comme comédienne. Elle apparaît notamment dans Manon d’Henri-Georges Clouzot ou encore La Rose noire, aux côtés d’Orson Welles. Après sa séparation avec son mari Brahim El Glaoui, fils aîné du pacha de Marrakech, elle s’installe en 1965 en Essonne, à Saint-Cyr-sous-Dourdan, avec son fils unique Mehdi.
Entourée d’animaux et proche de la nature, elle se tourne alors vers l’écriture jeunesse. Le succès est rapidement au rendez-vous : Poly est adapté pour l’ORTF dès 1961, suivi par Belle et Sébastien, imaginé lors d’un séjour dans les Pyrénées, puis Le Jeune Fabre. Son univers, toujours empreint d’humanisme, de respect du vivant et de solidarité, continue de toucher petits et grands. Cécile Aubry s’éteint le 19 juillet 2010, laissant derrière elle une œuvre devenue patrimoniale.

Une nouvelle génération bientôt au cinéma
La saga ne cesse de se réinventer. En 2022, Belle et Sébastien : la nouvelle génération propose une relecture contemporaine du mythe. Particularité de cette version : Sébastien n’est plus un enfant de la montagne, mais un pur citadin. Interprété par Robinson Mensah-Rouanet, il arrive à contrecœur chez sa grand-mère et sa tante pour passer l’été en altitude.
Sa rencontre avec Belle va bouleverser ses vacances… et sa vision du monde. Entre paysages grandioses et message écologique assumé, cette nouvelle adaptation entend transmettre aux plus jeunes les valeurs fondatrices de la saga : respect de la nature, empathie et courage face à l’injustice.


