Soupçons de « destruction massive » de documents à la mairie de Nice : Éric Ciotti saisit le préfet

Éric Ciotti a interpellé Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes, pour dénoncer un broyage massif de papiers administratifs au sein des services municipaux de Nice. Si l’entourage de Christian Estrosi évoque un simple rangement de fin de mandat, l’opposition s’inquiète de la disparition de dossiers sensibles à quelques heures du second tour.
Après le premier tour des élections municipales à Nice, plusieurs agents territoriaux ont rapporté une activité intense des broyeuses à documents. Selon des témoignages recueillis par Nice-Matin, des sites comme le Plaza et l’immeuble Connexio seraient concerné par ces destructions. Éric Ciotti a dénoncé un manège inhabituel au sein de l’administration.
Une demande d’arrêt immédiat des destructions
Le député UDR a adressé un courrier officiel au représentant de l’État. Dans ce document que Le Figaro a pu consulter, l’élu fait part de ses « plus vives inquiétudes ». Il alerte sur les « très nombreux documents qui auraient été broyés dans différents services municipaux ces derniers jours ».

Le candidat demande donc au préfet de faire « cesser sans délai toute destruction de documents administratifs ». Il exige également une « vérification urgente des conditions dans lesquelles ces destructions ont été effectuées » ainsi que la « protection des archives municipales ».
De la « diffamation pure et simple » selon la municipalité
Du côté de la majorité sortante, on a balayé fermement toute suspicion de manœuvre illégale. Un porte-parole a expliqué que ces rangements concernaient uniquement des élus non reconduits sur la liste du maire. « Ils trient et c’est normal », a-t-il affirmé pour justifier les sacs de papier déchiqueté. Pourtant, le camp Ciotti reste sceptique sur cette version. Lors d’un meeting, le candidat UDR a ironisé devant ses partisans : « Je sais qu’à la mairie, les broyeuses à papier tournent à plein régime depuis quelques heures. »
Face à ces soupçons, la mairie de Nice a elle aussi réagi pour couper court à toute polémique. Elle a ainsi tenu à rassurer sur la gestion de ses dossiers officiels. « Les archives légales sont conservées, évidemment », a-t-elle rétorqué. Elle a par ailleurs rappelé que « tous les documents sensibles sont dématérialisés et sauvegardés quotidiennement ».
Quant au sujet des accusations de destruction liées aux marchés publics ou aux autorisations d’urbanisme, la municipalité a martelé qu’il s’agit de « diffamation pure et simple ».

