« Seul compte le mérite. C’est ça, la République », déclare Abdoulaye Kanté, policier et nouvel élu à Paris

Brigadier-chef de la police nationale et désormais élu parisien, Abdoulaye Kanté assume avec fierté ses idées dans un paysage politique très polarisé. Opposé au désarmement des agents municipaux, ce défenseur de l’ordre républicain entend désormais mettre son expérience de terrain au service de la capitale.
Lors des récentes élections, Abdoulaye Kanté, policier de terrain, a été élu conseiller municipal à Paris sur la liste menée par Pierre-Yves Bournazel. Arrivé en France à l’âge de 15 ans, ce fonctionnaire franco-malien a servi dans la Marine nationale avant d’intégrer les rangs de la préfecture de police. Durant plus de deux décennies, il a exercé dans des secteurs sensibles ainsi que dans plusieurs services spécialisés, dont le « 36 quai des Orfèvres ». Il a décidé de s’engager en politique afin de défendre des positions directement issues de son expérience professionnelle, comme le rapporte Le Figaro dans un article publié ce jeudi 2 avril.

Un « engagement profond »
Son entrée à l’Hôtel de Ville marque le début d’une double carrière, le statut de fonctionnaire permettant l’exercice d’un mandat local sous certaines conditions. Interrogé par nos confrères, l’intéressé a exprimé sa fierté de faire partie du conseil municipal : « Après plus de vingt-cinq ans passés dans la police nationale, je vais pouvoir apporter mon expérience en matière de sécurité […] C’est à la fois un immense honneur et un engagement profond. »
Le nouveau conseiller a régulièrement défendu l’exigence d’exemplarité au sein des forces de l’ordre. Il a également réaffirmé sa ligne de fermeté face aux dérives individuelles, tout en critiquant ceux qui, selon lui, instrumentalisent le débat sur les violences policières. « Il faut arrêter de faire croire qu’il existerait une supposée violence policière systémique », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « Il n’y a pas de place pour les brebis galeuses dans la police, et tous les faits avérés doivent être immédiatement sanctionnés. »
Opposé au désarmement à Saint-Denis
Cette prise de position s’inscrit en opposition directe avec celle de Bally Bagayoko. Le maire LFI de Saint-Denis a en effet engagé un processus de retrait progressif de certaines armes intermédiaires, notamment les LBD, pour la police municipale. Une orientation que l’élu parisien juge particulièrement problématique sur le plan sécuritaire.
Connaissant bien le département de la Seine-Saint-Denis, l’élu parisien a alerté sur les conséquences de tels arbitrages. « Je suis convaincu que M. Bally Bagayoko, dont je salue toutefois le parcours et l’enracinement à Saint-Denis, fait totalement fausse route », a-t-il objecté. Selon le brigadier-chef, « désarmer la police municipale est une très grave erreur ». Il a également souligné que dans ce département « où la violence et la criminalité explosent », ces policiers « sont en première ligne ».
Il a également mis en garde contre les conséquences concrètes pour les agents, affirmant : « Les priver de leurs armes non létales comme les LBD risque de les mettre directement en danger et ne contribuera certainement pas à restaurer l’ordre public. Bien au contraire ! »
Une vision républicaine assumée
Au-delà des questions de sécurité, Abdoulaye Kanté a dénoncé une fracture identitaire croissante dans la société française. Il a particulièrement critiqué la vision sociétale de La France insoumise. Il s’est effectivement dit « scandalisé » par les propos du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui parle d’une « nouvelle France issue de l’immigration », en l’opposant à une « ancienne France ».
Abdoulaye Kanté défend une conception universaliste de la République, dans laquelle l’égalité devant la loi prime sur toute autre considération. Il a conclu son propos par un plaidoyer pour l’universalisme : « En dehors de la sphère privée, je ne reconnais aucune religion, aucune couleur de peau ni aucune origine particulière. Seul compte le mérite. C’est ça, la République. Et je suis là pour en témoigner. »


