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Seine-Saint-Denis : à Villemomble, le maire LR suspend un projet de salle de prière sur fond de polémique électorale

À peine installé dans son fauteuil de maire, Patrice Calméjane (LR) a pris une mesure forte. Il a bloqué la transformation d’un bâtiment communal, dénonçant une manœuvre électorale de son prédécesseur, Jean-Michel Bluteau, au profit d’une association cultuelle musulmane.

À Villemomble, le retour de Patrice Calméjane aux affaires a provoqué un coup d’arrêt immédiat pour un projet controversé. Deux jours seulement après son installation, le 24 mars dernier, l’élu Les Républicains a suspendu les travaux de l’Arche. Cette association avait commencé à aménager un ancien pavillon SNCF en salle de prière pour les musulmans de la commune. Or, ce chantier avait débuté dans la précipitation, quelques semaines avant le premier tour du scrutin. Selon les informations rapportées par Le Parisien, le maire sortant avait validé cette occupation de manière très discrète, dans le but d’obtenir, selon ses opposants, le soutien d’une partie de l’électorat musulman.
Une procédure d’urbanisme jugée irrégulière
L’actuelle municipalité et l’opposition socialiste ont dénoncé d’une même voix des manquements administratifs graves. Patrice Calméjane a ainsi relevé l’absence totale d’affichage légal ou de panneau d’information sur le site. Il a rappelé avec fermeté les règles en vigueur pour les établissements recevant du public. « Avant de lancer des travaux, il faut faire les choses dans l’ordre et attendre que le permis soit délivré et que les délais de recours soient purgés, en particulier pour un établissement recevant du public », a-t-il déclaré à nos confrères.
De fait, le dossier administratif semble incomplet puisque la demande de permis de construire a été déposée le 2 mars seulement, d’après le quotidien francilien. Le dossier était toujours en cours d’instruction au moment du lancement des travaux. Néanmoins, des menuiseries ont déjà été remplacées sur le bâtiment situé rue de la Fosse-aux-Bergers. Si l’association évoque de simples opérations de nettoyage, des vidéos suggèrent des transformations bien plus profondes.
Des soupçons de clientélisme électoral
Au-delà de l’urbanisme, c’est le calendrier de l’opération qui suscite l’indignation des élus locaux tels que Jean-Marc Minetto (PS). L’élu socialiste, qui rejoint la position du maire LR, a dénoncé l’initiative, affirmant : « C’était clairement un achat de voix ! » Les critiques s’appuient sur des messages WhatsApp envoyés par un responsable de l’association aux fidèles. L’objectif était, d’après les opposants, de les inciter à se rendre aux urnes, voire à soutenir Jean-Michel Bluteau.
Cependant, l’ancien maire rejette ces accusations en justifiant une décision d’urgence. Il a expliqué avoir voulu occuper ce local après le squat de la cantine centrale voisine. De son côté, l’Arche reconnaît une erreur d’affichage mais défend la légitimité de son besoin. Un membre fondateur a d’ailleurs déclaré au Parisien : « Nous ne sommes pas maîtres des horloges si on nous accorde un local que nous attendons depuis des années pour prier dans des conditions dignes. Nous n’allons pas décliner l’offre. » Et de conclure : « Toute décision prise par un candidat pour attribuer un local est de nature politique et électorale, que cela soit pour un lieu de culte, un équipement médical ou une boulangerie ! »

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