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Sébastien Lecornu envisage de retirer 3 mois d’indemnisation chômage pour les moins de 55 ans

Sébastien Lecornu a annoncé qu’« un accord a été trouvé pour soumettre au Sénat le texte visant à réduire la durée d’indemnisation chômage de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans », confirmant un nouveau tour de vis dans la politique de l’emploi.

Indemnisation chômage – Cette mesure, qui doit encore franchir l’étape du débat parlementaire, marque une inflexion supplémentaire dans l’assurance-chômage, déjà modifiée ces dernières années, selon La Croix.

L’exécutif met en avant un objectif de responsabilisation des acteurs du marché du travail et de maîtrise des dépenses, tandis que syndicats et associations de chômeurs redoutent un affaiblissement de la protection sociale.

L’accord évoqué par le Premier ministre intervient après plusieurs mois de tensions autour des règles d’indemnisation, notamment pour les seniors. Les trois organisations patronales, la CFDT et la CFTC étaient parvenues le 25 février à un accord réduisant l’indemnisation chômage après rupture conventionnelle.

Une réduction ciblée de la durée des droits
Selon les éléments rendus publics, la durée maximale d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans passerait de 18 à 15 mois, soit une réduction de trois mois. Cette évolution s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2025, qui avaient déjà aligné le régime des 53-54 ans sur celui du reste des actifs, tout en réservant une durée plus longue aux plus de 55 ans.

Les plus de 55 ans conserveraient en revanche des droits supérieurs, dans un contexte où la précédente réforme a déjà relevé à 55 ans l’âge à partir duquel la durée d’indemnisation est allongée. Les partenaires sociaux avaient en effet négocié des règles spécifiques pour les seniors, afin de tenir compte de leurs difficultés accrues de retour à l’emploi.

Pour justifier cette nouvelle réduction, le gouvernement met en avant la nécessité d’accélérer les reprises d’activité, estimant que des durées trop longues peuvent retarder le retour sur le marché du travail. Les opposants rétorquent que la principale difficulté reste la création d’emplois stables, plus que la supposée « désincitation » liée à l’indemnisation.

Un accord politique à confirmer au Sénat
L’annonce de Sébastien Lecornu intervient dans un climat politique tendu autour de l’assurance-chômage, après le retrait en janvier d’un projet plus large de réforme qui visait plusieurs milliards d’euros d’économies. Le Premier ministre avait alors renoncé à une refonte en profondeur du système, au profit d’ajustements ciblés, en particulier sur les ruptures conventionnelles et la durée des droits.

L’accord évoqué aujourd’hui porte précisément sur la présentation au Sénat d’un texte circonscrit à la réduction de la durée d’indemnisation pour les moins de 55 ans. Il devra être débattu et amendé par la Haute Assemblée, avant un éventuel passage à l’Assemblée nationale, dans un calendrier encore à préciser.

Ce choix d’un véhicule législatif ciblé traduit la volonté du gouvernement d’obtenir un compromis avec la majorité sénatoriale sur un point jugé prioritaire, plutôt que de relancer un chantier global très conflictuel. Reste à savoir dans quelle mesure les sénateurs suivront cet équilibre et si des contreparties, notamment en matière d’accompagnement des chômeurs, seront introduites au cours des débats.

Une réforme aux effets sociaux très discutés
Les défenseurs de la mesure estiment qu’en réduisant la durée des droits, le système d’assurance-chômage sera plus soutenable financièrement et incitera à un retour plus rapide vers l’emploi, en particulier pour les profils jugés plus « employables ». Ils soulignent également que les règles spécifiques pour les plus de 55 ans sont maintenues, ce qui, selon eux, préserve les publics les plus fragiles face au chômage de longue durée.

À l’inverse, plusieurs experts du marché du travail rappellent que la baisse de la durée d’indemnisation intervient après une série de restrictions successives, qui ont déjà réduit les droits d’une partie des chômeurs. Ils mettent en avant le risque d’augmentation de la précarité pour les moins de 55 ans, notamment dans les territoires où l’offre d’emploi est insuffisante pour compenser un raccourcissement des droits.

Les débats au Parlement devraient donc porter autant sur l’équilibre financier du régime que sur la question de la justice sociale et territoriale.

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