Salon de l’agriculture 2026 : « C’est une catastrophe », des exposants déprimés après 3 jours d’ouverture

Après trois jours de Salon international de l’agriculture, une partie des exposants dresse un bilan provisoire très préoccupant, entre baisse perçue de la fréquentation et inquiétudes liées à la crise agricole.
Salon de l’agriculture 2026 – L’édition 2026 se tient dans un contexte inédit : pour la première fois depuis la création de l’événement, aucun bovin n’est présent Porte de Versailles en raison de la dermatose nodulaire contagieuse.

Cette situation contribue à nourrir le malaise de professionnels qui constatent un impact direct sur l’attractivité du Salon et sur leurs ventes. « C’est une catastrophe », résume une exposante, exprimant sa colère face au niveau de chiffre d’affaires réalisé depuis l’ouverture.
Affluence en retrait et ventes sous pression
Dès la première journée, plusieurs exposants ont signalé une baisse importante du flux de visiteurs, notamment de familles, traditionnellement attirées par les animaux et les animations autour des bovins. Sur RTL, un exposant, Louis, estime qu’il y a « au minimum 50% de public en moins », décrivant des allées « presque vides, presque désertes » et une ambiance « morose », selon RTL.
Cette moindre affluence se traduit, selon eux, par des ventes directes nettement en deçà des attentes, alors que la participation au Salon représente un investissement conséquent en transport, hébergement et personnel. Certains professionnels craignent déjà de « travailler à perte » si la fréquentation ne s’améliore pas d’ici la fin de la manifestation, prévue le 1er mars.
Pour plusieurs exposants, l’absence de bovins, annoncée mi-janvier par les organisateurs pour des raisons sanitaires, a découragé une partie du public, malgré le maintien d’autres filières animales et de nombreux stands de produits régionaux.

Un Salon sous le signe de la crise agricole
Le rendez-vous parisien se déroule sur fond de crise agricole majeure, dénoncée notamment par la Coordination rurale, qui pointe la hausse des charges, la multiplication des normes et des décisions jugées inadaptées, comme la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse. Dans un communiqué, le syndicat réclame une « relance immédiate de la production française » et accuse le gouvernement de ne pas répondre aux revendications exprimées depuis deux ans.
L’annonce, en janvier, de l’absence totale de bovins a été qualifiée de « coup dur pour le salon » par son président, Jérôme Despey, qui a confirmé qu’« il n’y aura aucun bovin au Salon international de l’agriculture en 2026 ». Cette décision, présentée comme une mesure de précaution, renforce le sentiment d’une édition placée sous le signe de l’exceptionnel et de la fragilité économique du secteur, selon La France Agricole.


