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Rhône : un homme de 70 ans en garde à vue après la mort d’un cambrioleur, le maire se dit « complètement solidaire »

Dans la nuit de dimanche à lundi 9 février 2026, un homme de 70 ans a été placé en garde à vue à Genas, à l’est de Lyon, après la mort d’un jeune homme de 19 ans, présenté comme un cambrioleur présumé.

Rhône – Le corps du jeune homme a été retrouvé sur le toit d’un pavillon, atteint par une balle après qu’un ou plusieurs individus ont tenté de pénétrer dans la maison en retirant des tuiles pour accéder au grenier. L’homme de 70 ans, détenteur légal d’une arme de poing, a reconnu avoir tiré mais affirme n’avoir pas atteint le cambrioleur. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour homicide volontaire et une autre pour tentative de vol avec arme.
Les investigations sont confiées à la brigade de recherches de Mions, appuyée par de nombreux gendarmes et la cellule d’identification criminelle. Les enquêteurs cherchent notamment à établir combien d’individus étaient impliqués, si l’intrus était réellement armé et dans quelles conditions le locataire a décidé de faire feu.

Le propriétaire fait l’objet d’une procédure en lien avec l’usage de son arme lors d’un cambriolage en cours, dans un contexte de cambriolages répétés dans le secteur.

Une nuit de violences au milieu des toits
Les faits se seraient déroulés vers 3 h 20 du matin, dans une maison du quartier de la Revolère, à Genas, via une allée reliant plusieurs pavillons. Selon les premiers éléments, la tentative de cambriolage s’est faite par le toit : les malfaiteurs ont retiré plusieurs tuiles pour accéder au grenier puis à l’intérieur du logement via une trappe. Le propriétaire affirme avoir été réveillé par des bruits, puis avoir vu un individu près de la trappe des toilettes.

L’homme assure qu’un cambrioleur lui aurait pointé une arme de poing, ce qui l’aurait conduit à faire usage de son propre pistolet, qu’il déclare détenir légalement. Il maintient toutefois n’avoir pas assisté à l’effet de sa balle : « Je tire et je vous dis je tire je vous dis même j’ai pas vu mon coup atteindre ». Le corps de la victime a été retrouvé peu de temps après sur le toit du pavillon, et les secours n’ont pas réussi à le réanimer.

Au moins un des hommes a pris la fuite à pied devant les gendarmes, alors qu’un véhicule de type Renault Scénic, identifié comme un véhicule volé et utilisé par l’équipe de cambrioleurs, a été laissé sur place. Les enquêteurs recueillent également des éléments matériels sur le toit et cherchent à exploiter les images de vidéo‑surveillance éventuelles dans le quartier. Les analyses balistiques et l’autopsie du jeune homme doivent permettre de préciser les circonstances exactes de la balle mortelle.

Illustration of a illustration of a policeman, near Notre Dame, in Paris. On October 24, 2024//HUBERTTHOMAS_IllustrationPolice-9/Credit:Thomas Hubert/SIPA/2410241534

Une enquête « criminelle bien compliquée »
Une source proche du dossier décrit l’affaire comme un « dossier criminel bien compliqué », au regard des déclarations du septuagénaire et de la présence d’une arme chez l’intrus. Le parquet précise explicitement l’ouverture de deux procédures : une pour tentative de vol avec arme et une pour homicide volontaire, ce qui laisse ouverte la possibilité d’une qualification de légitime défense sous contrôle strict.

Les gendarmes mènent des auditions, explorent les repérages possibles dans le quartier et recoupent le récit du propriétaire avec les constatations sur place.

La qualification finale devra tenir compte notamment de la trajectoire de la balle, de la position des protagonistes et de la réalité de la menace armée évoquée par le locataire. Comme l’a rappelé le Journal du Dimanche, ce type de faits renvoie régulièrement au délicat équilibre entre défense légitime du domicile et risque de violences disproportionnées ou tardives. L’opinion publique et les responsables politiques pourraient se saisir à nouveau de la frontière entre protection de soi et usage de la force mortelle dans les cas de cambriolage.

Un maire qui affiche sa « solidarité »
Le maire de Genas, Daniel Valéro, a expliqué être « complètement solidaire » du septuagénaire en garde à vue, en évoquant la montée des cambriolages dans l’Est lyonnais. Dans des propos repris par plusieurs médias, il a déclaré : « On a en ce moment des cambriolages sans arrêt dans tout l’Est lyonnais, de jour comme de nuit. Les gendarmes font ce qu’ils peuvent mais ne peuvent pas être partout à la fois. Il y en a ras le bol. » Il ajoute, après un autre entretien, que l’affaire touche un « petit Français moyen » et qu’il espère « que la justice ne va pas se tromper dans ses débats, à la fois comme maire et comme habitant. »

Certaines habitantes, citées par la presse locale, décrivent l’homme de 70 ans comme quelqu’un d’installé depuis longtemps dans le quartier, perçu comme « Monsieur tout le monde ». Une pétition de soutien relayée sur les réseaux sociaux rassemble déjà plusieurs centaines de signatures, traduisant un malaise autour de la délinquance et du sentiment d’insécurité dans la métropole lyonnaise.

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