Résultats municipales à Saint-Denis : Père de quatre enfants, basketteur… Qui est Bally Bagayoko, le nouveau maire LFI ?

Bally Bagayoko, 52 ans, ex-joueur semi-professionnel de basket et cadre de la RATP, a ravi Saint-Denis au Parti socialiste dès le premier tour des élections municipales, démontrant selon lui que « la stratégie nationale de LFI fonctionne »
Dans son dernier clip de campagne, il se mettait en scène en train de marquer de manière spectaculaire, dos au panier. Ex-joueur semi-professionnel de basket puis entraîneur, l’insoumis Bally Bagayoko, 52 ans, cadre de la RATP, a ravi au Parti socialiste Saint-Denis, deuxième plus grande ville d’Île-de-France après Paris.
Son élection fait « la démonstration concrète que la stratégie nationale de LFI fonctionne », explique-t-il. Et que les procès en « amateurisme » et « fake news » n’ont « pas été suffisants pour empêcher la victoire ». « Il a l’expérience des campagnes, mais il a aussi l’expérience de la gestion municipale. Il a aussi été vice-président du conseil général », renchérit Stéphane Peu, député communiste de la circonscription. Les communistes soutenaient sa liste.
Né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens, issu d’une famille « nombreuse et heureuse », le nouveau maire a grandi à Saint-Denis et est rentré en politique en 2001 aux côtés du maire PCF de l’époque, Patrick Braouezec. C’était « un jeune très impliqué » dans le mouvement sportif de la ville, se remémore l’ancien maire.
« Casser les caricatures »
Sa colistière Sofia Boutrih témoigne d’une personne « très accessible » et « très à l’écoute ». Le mandat à venir devrait « casser les caricatures » qui entourent les hommes et femmes politiques originaires des quartiers, estime l’élue communiste.
Le père de quatre enfants décrit son enfance en HLM, « façonnée par le service public et l’entraide ». « Comme beaucoup d’entre vous », souligne-t-il. Lui qui se présente comme « un jeune des quartiers populaires qui a vécu les injustices dans sa chair », a tenu à mentionner les « dérives policières » et « discriminations ».

« A l’image des habitants de Saint-Denis »
Pour le député LFI Éric Coquerel, Bally Bagayoko « coche la case de quelqu’un qui est issu des quartiers populaires et d’une Seine-Saint-Denis dont on sait qu’elle est très souvent, pour beaucoup, issue d’immigrations relativement récentes ». Il est, en ce sens, « à l’image des habitants de Saint-Denis ».
L’ancienne majorité s’était inquiétée que, selon elle, des narcotrafiquants faisaient campagne pour Bally Bagayoko. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a qualifié en meeting le maire sortant socialiste Mathieu Hanotin de « petit-bourgeois visqueux ». Le score de 32,7 % obtenu par Mathieu Hanotin qui, en 2020, avait mis fin à 75 ans de communisme municipal à Saint-Denis, a été un choc et une surprise dans le camp socialiste.
Mathieu Hanotin avait souhaité dès 2024 que Saint-Denis profite de « l’incroyable mise en lumière des JO » pour devenir « le leader en Île-de-France » du secteur hôtelier d’ici 2030. Il vantait volontiers les métamorphoses de la ville, depuis le 40e étage de la Tour Pleyel. Prenant le contrepied de cette stratégie, Bally Bagayoko a régulièrement reproché à celui qu’il qualifiait d’« agent immobilier », de laisser « une ville vendue, défigurée ».


