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Réforme des retraites : ce nouveau projet de décret change tout, les carrières longues impactées si vous êtes nés entre 1964 et 1970

Le projet de décret relatif à la réforme des retraites marque une nouvelle étape dans l’ajustement des règles applicables aux carrières longues. Il vient préciser, de manière plus concrète, les conditions de départ à la retraite pour plusieurs générations, en particulier celles nées entre 1964 et 1970. Au cœur de ces évolutions : l’âge légal de départ et la durée de cotisation, deux éléments clés pour des milliers de futurs retraités.

Ce texte s’inscrit dans le prolongement de la suspension partielle de la réforme de 2023, intervenue à la fin de l’année 2025. Cette suspension, qui concerne les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, avait déjà introduit certains ajustements. Les personnes nées entre 1964 et 1968 pouvaient notamment bénéficier d’un trimestre de moins sur l’âge légal, tandis que les générations 1964 et 1965 pouvaient obtenir un trimestre supplémentaire de cotisation. Toutefois, ces mesures restaient incomplètes sans les décrets d’application, très attendus pour en préciser les modalités exactes.

Selon les informations relayées par Ouest-France, ce premier décret concerne environ 120 000 personnes chaque année. Son objectif est double : clarifier les droits à la retraite et harmoniser les règles entre les différentes générations. Il apporte également davantage de lisibilité sur les dispositifs de départ anticipé, souvent jugés complexes par les assurés.

Des âges de départ désormais clairement définis
Le texte fixe précisément les âges minimaux de départ en fonction de l’année de naissance, ce qui permet de mieux anticiper les départs en carrière longue. Ainsi :

Pour les personnes nées en 1964, l’âge minimal reste fixé à 60 ans et six mois.
Pour celles nées entre janvier et mars 1965, il demeure à 60 ans et neuf mois.
Une particularité concerne le premier trimestre 1965, qui bénéficie désormais de deux trimestres validés au titre de la durée cotisée, contre un seul auparavant.
Les personnes nées en décembre 1965 voient, quant à elles, leur âge minimal abaissé à 60 ans et huit mois, ce qui leur permet un départ dès le 1er septembre 2026.

Pour les générations suivantes, une progression graduelle est mise en place. Les personnes nées en 1966 devront attendre 60 ans et neuf mois, tandis que celles nées en 1970 verront leur âge minimal atteindre 61 ans et neuf mois. Cette montée progressive vise à aligner les règles tout en tenant compte des ajustements déjà engagés.

Une durée de cotisation globalement stable
Du côté de la durée de cotisation, les changements restent limités. Les générations 1964 et 1965 bénéficient d’un trimestre supplémentaire, mais à partir de 1966, aucun gain supplémentaire n’est prévu. La durée exigée reste donc globalement alignée sur celle des autres assurés.

Certaines critiques ont toutefois été formulées, notamment par la CFDT. Selon Claude Wagner, représentant des retraités au sein du syndicat, certains ajustements annoncés auparavant n’apportaient en réalité aucun bénéfice concret. Dans certains cas, des assurés avaient même déjà pris leur retraite avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles, rendant les modifications sans effet réel pour eux.

Une réforme encore en construction
Ce décret ne constitue qu’une première étape. D’autres textes réglementaires sont attendus pour compléter le dispositif, notamment en ce qui concerne les mères de famille. Ces dernières pourraient bénéficier de deux trimestres supplémentaires pris en compte dans le cadre des carrières longues. Par ailleurs, le calcul de leur pension pourrait évoluer, en étant basé sur les vingt-quatre ou vingt-trois meilleures années selon le nombre d’enfants, au lieu des vingt-cinq années actuellement retenues.

Ces évolutions visent à corriger certaines inégalités et à mieux prendre en compte les parcours professionnels interrompus ou aménagés, souvent liés à la parentalité.

Une meilleure lisibilité pour les assurés

Au final, cette réforme cherche à rendre le système plus compréhensible et plus équitable. En fixant des règles claires sur les âges de départ et la durée de cotisation, elle permet aux assurés de mieux anticiper leur fin de carrière. Pour les générations concernées, notamment celles nées entre 1964 et 1970, il s’agit d’un changement majeur qui redéfinit les conditions d’accès à la retraite anticipée.

Même si certaines zones d’ombre subsistent encore dans l’attente des prochains décrets, ce texte apporte déjà une base plus solide et plus lisible. Il marque une volonté d’encadrer davantage les dispositifs de carrière longue, tout en offrant une meilleure visibilité à ceux qui s’apprêtent à tourner la page de leur vie professionnelle.

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