Prêt européen à l’Ukraine : Jordan Bardella vote contre avec les critiques d’autres eurodéputés français

Jordan Bardella et le Rassemblement national rejettent le financement européen destiné à Kiev pour 2026-2027. Ce vote provoque de vives réactions parmi les autres eurodéputés français.
Le président du Rassemblement national s’oppose au soutien financier européen. Jordan Bardella a rejeté le prêt de 90 milliards d’euros que l’Union européenne accorde à l’Ukraine. Cette décision suscite la colère de plusieurs élus français ce mercredi.
Des accusations de complaisance envers Moscou
Raphaël Glucksmann dénonce fermement cette position. Le social-démocrate affirme : « Au Parlement européen, le Rassemblement National et Jordan Bardella votent contre le prêt européen à l’Ukraine.
Sans ce prêt, c’est simple : l’Ukraine s’effondre. À nouveau, ils agissent en relais de Poutine et trahissent l’intérêt vital de l’Europe et de la France ».
Pascal Canfin adopte un ton similaire. Le centriste de Renew écrit sur les réseaux sociaux : « Voter Bardella, c’est voter Poutine ! Le RN le montre de nouveau en votant contre un nouveau paquet de soutien à l’Ukraine – 90 milliards d’euros, contre la liberté face à l’impérialisme russe ». Ces critiques interviennent à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle française.
Le RN défend son vote
Pierre-Romain Thionnet réfute les accusations d’abandon de l’Ukraine. L’eurodéputé RN, proche de Jordan Bardella, a répondu à l’AFP. Il conteste tout désengagement vis-à-vis de Kiev.
Le parti d’extrême droite critique la construction de ce prêt. Thionnet explique que le RN identifie des « dérogations trop larges » autorisant l’achat d’armes hors d’Europe.
Le Rassemblement national juge également que la période du prêt, de 2026 à 2027, manque de précision. Cette durée ne tient pas suffisamment compte des négociations actuelles entre Kiev et Moscou, selon le parti.
Pas de véritables garanties européennes
L’eurodéputé RN souligne les difficultés budgétaires. Il pointe la situation financière compliquée de l’Union européenne et de la France.
Il reproche au dispositif de s’appuyer sur un remboursement hypothétique par la Russie de réparations de guerre. Le RN estime que ce montage ne repose pas sur de véritables garanties européennes.
Une adoption large au Parlement européen
Le Parlement européen approuve massivement le prêt. Les eurodéputés ont validé cette aide de 90 milliards d’euros destinée à soutenir l’Ukraine face à la Russie en 2026 et 2027. Ces fonds serviront notamment à acheter des armes.

Le vote rassemble une majorité d’élus. Les Verts, les sociaux-démocrates, le centre et la droite soutiennent cette mesure. Le texte obtient 458 voix pour, 140 contre et 44 abstentions. À la gauche radicale, Manon Aubry de LFI choisit l’abstention.
Un mécanisme de financement complexe
L’Union européenne empruntera sur les marchés financiers. Le prêt sera financé par cet emprunt. Les intérêts s’élèveront à environ trois milliards d’euros par an. Le budget européen les prendra en charge.
Trois pays ne participent pas au dispositif. La République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie ne contribueront pas à ce mécanisme. Leurs contributions budgétaires ne seront pas affectées.

Le remboursement dépend des réparations de guerre. L’Ukraine ne remboursera l’UE qu’après avoir reçu des réparations de guerre de la Russie. Ce versement interviendra une fois le conflit terminé.
La répartition des fonds
60 milliards d’euros financeront la défense ukrainienne. Kiev utilisera cette somme pour investir dans ses capacités industrielles de défense. Elle servira aussi à acheter des équipements militaires.
30 milliards couvriront les besoins budgétaires. L’Ukraine emploiera cette part pour ses dépenses courantes. Ces versements seront conditionnés à des réformes.
Les premiers versements pourraient arriver en avril.


