“Pourquoi les caissières de Lidl vont-elles si vite” ? Il y a une raison psychologique bien précise, on vous explique

Aux caisses de Lidl, les articles défilent à plus de 30 par minute et la file se tend. Derrière cette vitesse réglée au millimètre se cache une stratégie qui joue aussi avec nos nerfs.
File d’attente qui serpente, bips à la chaîne, panier qui déborde… En quelques secondes, les caissières de Lidl font défiler vos courses à une vitesse qui donne presque le tournis. Beaucoup de clients sortent de la caisse avec la même impression : avoir participé à une mini épreuve sportive, plutôt qu’à un simple passage en magasin.
Derrière cette cadence, rien d’improvisé. Avec 1 500 magasins, 30 000 salariés et 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Lidl a bâti un modèle de hard discount qui mise sur un encaissement ultra rapide, autour de 29 à 32 articles scannés par minute, soit bien plus que dans un supermarché classique. Elise Lucet y avait consacré un reportage Cash Investigation en 2017 (voir la vidéo ci-dessous).
Chez Lidl, une machine à encaisser millimétrée
D’abord, tout est standardisé. Partout en France, les rayons suivent un plan quasi identique. « À l’entrée du magasin, on trouve le marché fraîcheur avec les fleurs, le pain, ainsi que les fruits et légumes », a détaillé le manager d’un magasin dans le reportage de France 2. Cette organisation permet aux équipes de travailler presque en pilote automatique, sans chercher leurs repères.
Au bout du parcours, la caisse concentre toute la technologie. Le système de triple scannage lit le code-barres sur trois côtés, pendant que les produits à marque distributeur affichent des codes agrandis ou répétés sur plusieurs faces. Résultat : moins de gestes, plus de fluidité, jusqu’à 30 voire 40 articles par minute selon les spécialistes de la grande distribution. Aldi applique la même recette : ses employés sont « encouragés à être aussi efficaces que possible pour permettre de maintenir des prix bas pour les clients ». « Nos salariés sont formés pour adapter le rythme en caisse à chaque client qu’ils servent », a expliqué un porte-parole d’Aldi à Express.co.uk.

La vraie raison psychologique : gagner des secondes… sur nous
Dans ce modèle de hard discount, chaque seconde économisée à la caisse réduit les besoins en personnel et permet de maintenir des prix bas. Le décor lui-même agit sur le client. Les tapis de caisse sont courts après le scanner, avec très peu de place pour stocker les produits. En pratique, la pile d’articles s’accumule aussitôt, crée une petite panique, et pousse à tout remettre en vrac dans le chariot pour « libérer » la zone.
À cela s’ajoute la pression de la file : regard des autres, peur de ralentir tout le monde, sensation de ne pas aller assez vite. Les caissières, elles aussi, intègrent ce rythme. Face à Élise Lucet qui lui demande « Mais vous êtes debout ? Vous n’êtes pas assise ? », Brigitte répond : « Il y a une chaise, mais assise, je n’y arrive pas. Je ne suis pas assez performante. » Dans l’émission Cash Investigation, ce simple échange montre comment la vitesse devient une norme intériorisée, autant pour l’employée que pour le client.
Comment garder votre calme à la caisse Lidl
La bonne nouvelle, c’est que l’on peut apprivoiser ce système pensé pour aller plus vite que nous. Quelques réflexes aident à faire baisser la pression :
Sur le tapis, placez d’abord les produits lourds, puis les fragiles en dernier.
Acceptez de tout remettre en vrac dans le chariot et de ranger plus tard.
Préparez votre moyen de paiement en amont et évitez la petite monnaie compliquée.
Une fois la caisse passée, les tables prévues derrière sont là pour réorganiser tranquillement vos sacs, à votre rythme, loin du chronomètre invisible de la file.


