Pas-de-Calais : la nouvelle maire RN de Grenay fait retirer la plaque de Georges Ibrahim Abdallah, condamné pour complicité d’assassinats

À peine installée à l’hôtel de ville, l’édile Daisy Duveau a ordonné le retrait de la plaque honorant le communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, condamné en France pour complicité d’assassinats. Cette décision met fin à une polémique qui durait depuis deux ans dans cette ancienne commune communiste.
L’alternance politique à Grenay a entraîné un changement symbolique immédiat. La nouvelle maire (RN), Daisy Duveau, a fait retirer la plaque en hommage à Georges Ibrahim Abdallah quelques jours seulement après son élection. Ce Libanais pro-palestinien avait obtenu le titre de citoyen d’honneur sous le mandat de la précédente municipalité communiste.
Une figure qui divise
Cet ancien membre des Fractions armées révolutionnaires libanaises a passé près de quarante ans derrière les barreaux. En 1987, la justice l’avait condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il avait été reconnu complice des assassinats du diplomate américain Charles Ray et de l’Israélien Yacov Barsimentov. Devenu l’un des plus anciens détenus de France, il a finalement recouvré la liberté en juillet dernier avant d’être expulsé vers le Liban.
Mathilde Panot avait évoqué sur X un « immense soulagement » lors de sa libération. De même, Marine Tondelier avait indiqué sur X le 17 juillet 2025 : « Elles sont rares, mais il existe encore des bonnes nouvelles : la libération du militant Georges Ibrahim Abdallah, après plus de 40 ans de détention, en est une. » La secrétaire nationale des Écologistes avait ajouté : « Bravo à toutes celles et ceux qui ont mené sans relâche le combat pour sa libération. »
Cependant, d’autres avaient dénoncé ce dénouement, à commencer par Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national avait effectivement fustigé sur X le 17 juillet 2025 : « Le motif des bruyantes réjouissances aujourd’hui au sein de l’extrême gauche ? La libération imminente d’un terroriste, qui n’a jamais exprimé le moindre regret. Nausée. »

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses voix – des responsables politiques, éditorialistes et autres internautes – ont d’ailleurs qualifié Georges Ibrahim Abdallah de « terroriste », s’indignant de voir la presse utiliser le terme de « militant ». La journaliste Judith Waintraub a indiqué qu’il « a été condamné pour complicité d’assassinats qu’il a glorifiés tout en regrettant de ne pas les avoir commis lui-même. » Elle a ajouté : « Ce n’est ni un simple ‘militant’, ni une ‘figure controversée’. »
« Nous rendons à Grenay sa dignité, son honneur et sa fierté française »

À Grenay, où l’hommage de cet homme était très controversé, la victoire de Daisy Duveau face à la sortante Christelle Buissette a permis de sceller le sort de cette distinction.
La décision de la nouvelle édile a été d’autant mieux accueillie que le Rassemblement national réclamait cette mesure depuis plus de deux ans. Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, avait d’ailleurs sollicité le ministre de l’Intérieur dès mars 2024, précise BFMTV. Présent lors du retrait, l’élu a fustigé l’ancienne majorité sur Facebook en écrivant ce lundi : « Faire d’un terroriste condamné par la justice française une figure à célébrer, c’était une honte, une faute morale et une insulte à la mémoire des victimes. »
Le parlementaire a ajouté : « Dans la France qu’on aime, on n’honore pas les criminels, on respecte la justice, on défend nos valeurs et on protège l’honneur de nos communes. » Et de conclure : « En retirant cette plaque aujourd’hui, nous rendons à Grenay sa dignité, son honneur et sa fierté française. »


