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Paris 13e : garde à vue pour le policier qui a neutralisé l’homme armé qui menaçait un chauffeur de bus

Quarante-huit heures après les tirs qui ont grièvement blessé un homme armé de couteaux ayant menacé un chauffeur de bus dans le 13e arrondissement de Paris, le policier qui a fait feu a été placé en garde à vue, a‑t‑on appris de source judiciaire.

Cette mesure intervient dans le cadre de l’enquête ouverte pour « violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Elle se déroule parallèlement à une information judiciaire visant l’homme décédé pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Les faits s’étaient déroulés mercredi 11 février en fin d’après‑midi, à hauteur de l’arrêt de bus Gobelins, lorsqu’un individu de 35 ans, décrit comme très agité, avait semé la panique parmi les passagers avant de menacer le conducteur avec un couteau.

Malgré l’usage d’un pistolet à impulsion électrique, resté sans effet, un policier avait tiré à plusieurs reprises, atteignant l’homme à l’abdomen. Hospitalisé en urgence, l’individu est décédé samedi des suites de ses blessures, ce qui a conduit le parquet à intensifier les investigations sur les conditions d’emploi de la force létale.

Une intervention policière sous examen renforcé
Selon la préfecture de police, l’individu était monté dans un bus de la ligne 91, où il avait importuné des passagers, poussant plusieurs d’entre eux à descendre tandis que le chauffeur se protégeait derrière sa vitre anti‑agression. Un passager avait tenté de le maîtriser, avant que l’homme ne se saisisse d’un couteau dans son sac puis ne poursuive un voyageur sur le trottoir. Les policiers, appelés sur place peu avant 17 heures, avaient alors été confrontés à un suspect désormais porteur de deux couteaux, avançant vers l’un d’eux malgré les sommations et le recours à un taser, selon Actu17.

D’après les premiers éléments communiqués par le parquet, au moins trois coups de feu ont été tirés lors de cette phase de confrontation. Des vidéos amateurs prises depuis un bus à l’arrêt montrent l’homme s’emparer d’un second couteau et courir en direction des fonctionnaires, juste avant les détonations. Aucun passager, ni le chauffeur, ni les policiers n’a été blessé par arme blanche au cours de l’intervention, ont insisté la préfecture de police et plusieurs médias.

La garde à vue du policier vise à préciser le déroulement exact de la séquence, la distance qui le séparait de l’individu, la perception de la menace et l’usage successif des moyens de coercition. Les enquêteurs doivent confronter ses déclarations aux vidéos, aux témoignages des passagers et aux conclusions balistiques. Cette phase d’audition, qui peut être prolongée, pourrait déboucher soit sur une mise en examen, soit sur le statut de témoin assisté, soit sur un classement, selon l’appréciation du parquet et du juge d’instruction.

Deux enquêtes parallèles pour éclairer les responsabilités
Dès le soir des faits, le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture de deux enquêtes distinctes : l’une pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à la police judiciaire, l’autre pour « violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à l’IGPN. Ce double cadre permet d’examiner à la fois la responsabilité pénale de l’agresseur décédé et la proportionnalité de la riposte policière. Les investigations portent notamment sur le profil de l’homme, identifié comme Helmut P., 35 ans, ainsi que sur son état au moment des faits.

La diffusion des images sur les réseaux sociaux a contribué à alimenter les réactions, certaines mettant en avant la dangerosité immédiate de la situation pour les policiers et le chauffeur, d’autres interrogeant le nombre de tirs et la possibilité d’options moins létales. Pour l’heure, ni la préfecture de police ni le parquet n’ont commenté publiquement la garde à vue du fonctionnaire, renvoyant aux conclusions des deux procédures en cous

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