Municipales : Aurore Bergé appelle le RN à se retirer là « où LFI peut gagner »

Ce lundi, la ministre Aurore Bergé a exhorté Jordan Bardella à concrétiser son « cordon sanitaire ». Elle a suggéré au Rassemblement national de se retirer des villes où La France insoumise pourrait l’emporter. Cette déclaration a immédiatement provoqué l’indignation des élus insoumis.
L’approche des élections municipales des 15 et 22 mars a ravivé les tensions entre la majorité et les oppositions. Invitée sur BFMTV ce lundi 23 février, Aurore Bergé a lancé un appel direct au président du Rassemblement national (RN). La ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes souhaite que le parti à la flamme clarifie sa position. Selon elle, Jordan Bardella doit agir pour empêcher les victoires de La France insoumise (LFI). Elle a ainsi demandé le retrait des candidats RN dès le premier tour dans les secteurs où les Insoumis peuvent gagner.

L’invocation du cordon sanitaire
Cette proposition a fait suite aux déclarations de Jordan Bardella datant du 18 février dernier. Après la mort de Quentin Deranque – un militant lyonnais de 23 ans, lynché le 12 février à Lyon –, le leader du RN avait appelé « à constituer un cordon sanitaire pour isoler La France insoumise ». Aurore Bergé s’est appuyée sur cette volonté affichée pour justifier sa requête.
« Si vraiment [Jordan Bardella] veut mettre en place le cordon sanitaire, il y a une chose très simple à faire : retirer ses candidats dans les villes où LFI peut gagner et où il sait pertinemment que le RN n’a aucune chance », a-t-elle ainsi lancé sur BFMTV. Appelant chacun à assumer ses responsabilités, Aurore Bergé a réaffirmé la stabilité de sa ligne politique : « Ni RN, ni LFI – jamais. Ni l’un ni l’autre. »

Une charge virulente contre La France insoumise
En outre, elle a reproché au parti de Jean-Luc Mélenchon d’être devenu, en 2026, un parti « antisémite » et qui « prône la violence », le qualifiant même de « secte ». Elle a également mentionné « un parti de haine à l’encontre de notre pays, à l’encontre de nos valeurs, à l’encontre des fondamentaux qui sont les nôtres ».
La représentante du gouvernement a ensuite dénoncé l’absence de remords et de remise en question chez les Insoumis, cette critique faisant suite au décès de Quentin Deranque. Pour Aurore Bergé, LFI « sert de marchepied électoral, de manière évidente et totalement décomplexée, à l’extrême droite ».
La ministre a également justifié sa démarche par l’existence d’alliances locales entre le Parti socialiste et le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Aurore Bergé a ainsi déploré le fait que cela « ne suffit pas » aux socialistes pour dire « on arrête » avec les Insoumis.


