Mort de Quentin Deranque à Lyon : Sandrine Rousseau défend les militants antifascistes et refuse d’incriminer la Jeune Garde
Sandrine Rousseau a adressé ses condoléances aux proches de Quentin Deranque, décédé le 12 février après une violente agression. Elle a également réaffirmé son soutien au militantisme antifasciste, jugé « indispensable ». Tandis que Laurent Nuñez dénonce un lynchage opéré par l’ultragauche, la députée écologiste refuse de mettre en cause la Jeune Garde avant les conclusions de la justice.

L’émotion reste vive après la disparition de Quentin Deranque, ce jeune homme de 23 ans mort à la suite d’une violente agression survenue le 12 février dernier à Lyon. Les faits se sont produits en marge d’une conférence de Rima Hassan, donnée à Sciences Po Lyon, alors que la victime protégeait un rassemblement du collectif Némésis. Au micro de France Info, la députée Sandrine Rousseau s’est exprimée sur ce drame.
« Personne ne doit mourir de ses idées »
« Personne ne doit mourir de ses idées, personne ne doit être tué en marge d’une conférence, personne, jamais », a déclaré la députée écologiste. L’élue a également tenu à apporter ses pensées et ses condoléances aux proches de l’étudiant.
Cependant, malgré la gravité des faits, Sandrine Rousseau a refusé de pointer du doigt le mouvement antifasciste La Jeune Garde. Selon elle, les responsabilités n’ont pas encore été établies par la justice. La députée a en effet soutenu Jacques-Elie Favrot, collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault, qui a démenti toute implication. « À ce stade, il n’y a pas d’élément permettant de dire qu’il était dans le groupe qui a tué Quentin », a-t-elle avancé, tout en précisant que Jacques-Elie Favrot a suspendu ses fonctions de collaborateur pour la durée de l’enquête.

« Soutien à la Jeune Garde »
Lors de cet entretien, la journaliste de France Info a demandé à Sandrine Rousseau si elle regrettait aujourd’hui un message publié le 25 avril 2025 sur le réseau social Bluesky, dans lequel on pouvait lire : « Soutien à la Jeune Garde. »
« Non, je ne regrette pas mes propos parce que, encore une fois, au moment où j’ai posté, il n’y avait aucune violence physique », a-t-elle asséné avant de poursuivre : « Et par ailleurs nous avons encore une fois, dans un moment de bascule, besoin de cette résistance à l’extrême droite, qui n’est pas un mouvement comme les autres, qui est un mouvement violent, qui est une idéologie politique qui met le racisme, l’antisémitisme, le sexisme comme étant des valeurs au nom desquelles on pourrait avoir une opinion politique. »
La militance antifasciste « n’utilise pas la violence »
Voyant que l’élue ne répondait pas à la question, la journaliste l’a interrompue en pointant : « Non mais pardon, vous faites comme s’il n’y avait pas eu un mort. On parle d’une violence qui tue, non ? » Et l’élue de Paris de rétorquer : « J’ai dit depuis le début que je prenais la gravité des faits. […] Je condamne absolument cet acte. Je condamne absolument toutes les personnes qui l’ont fait. Aujourd’hui nous n’avons pas la certitude – à moins que vous ayez des éléments d’enquête que je n’ai pas – il n’y a pas la certitude que ce soit le Jeune Garde qui l’ait fait. »
Tout en insistant sur le fait qu’on a besoin de « militants antifascistes » et les jugeant même « indispensables », Sandrine Rousseau a avancé que ceux-ci « n’utilisent pas la violence ». Elle a fermement conclu : « Oui au militantisme antifasciste […] non, jamais, à la violence contre les personnes. » Elle a par ailleurs estimé que La France insoumise était « victime d’une espèce de cabale incroyable alors qu’ils n’y sont pour rien dans cette affaire ».
Un mouvement « structuré autour de la violence »
Ce discours contraste avec les déclarations de Laurent Nuñez. Le ministre de l’Intérieur a affirmé sur France Inter ce lundi que « manifestement l’ultragauche était à la manœuvre » dans le drame qui s’est joué à Lyon. Il a décrit les faits comme un « lynchage manifeste » et a souligné l’existence de « liens extrêmement forts entre La France insoumise et la Jeune Garde ». Pour le ministre, ce mouvement est « structuré autour de la violence ».
Le ministre a rappelé que, pour ces raisons, le gouvernement a déjà lancé une procédure de dissolution à son encontre. Cependant, cette décision attend la validation définitive du Conseil d’État. Selon Laurent Nuñez, ces groupes provoquent et « appellent à des manifestations armées ou à des manifestations violentes ». Au ministère de l’Intérieur, les services « documentent leur participation à de nombreuses actions violentes telles que celle qui a eu lieu jeudi soir », a-t-il signifié.
Fondée par le député Raphaël Arnault, la Jeune Garde a déjà fait l’objet de plusieurs plaintes pour des violences aggravées et des affrontements organisés. Pour rappel, en mai 2024, huit de ses militants avaient été mis en examen après l’agression d’un adolescent dans le métro parisien.

