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Le régime iranien a pendu le jeune lutteur Saleh Mohammadi, 19 ans, pour sa participation aux manifestations

Le régime islamique iranien a procédé, jeudi 19 mars, à la pendaison de Saleh Mohammadi, jeune lutteur de 19 ans devenu symbole des manifestations anti-régime qui ont secoué le pays en début d’année.

Pendaison par le régime iranien – Membre de l’équipe nationale de lutte, il avait été arrêté à Qom en marge de rassemblements dénonçant la corruption, la cherté de la vie et la répression politique. Son exécution, aux côtés de deux autres hommes accusés comme lui d’avoir tué des policiers, suscite un vif émoi dans le monde sportif et parmi les organisations de défense des droits humains, selon la BBC.

Selon les autorités judiciaires iraniennes, les trois condamnés avaient été reconnus coupables de « moharebeh » (« guerre contre Dieu », ndlr), ainsi que du meurtre de deux agents lors de heurts survenus en janvier. Le pouvoir présente ces pendaisons comme une « réponse ferme » aux violences contre les forces de l’ordre et comme un avertissement adressé aux contestataires.

Les ONG de défense des droits humains dénoncent, elles, des procès expéditifs, des aveux extorqués sous la torture et une instrumentalisation de la justice pour intimider la jeunesse mobilisée, selon le New York Times.

Un jeune champion devenu cible du régime iranien
Né en 2007, originaire de Qom, Saleh Mohammadi s’était imposé ces dernières années comme un espoir de la lutte iranienne, participant à des compétitions internationales et remportant plusieurs médailles.

Pour de nombreux jeunes manifestants, il incarnait une génération Z prête à défier un système jugé figé et autoritaire. Son arrestation, le 15 janvier, était intervenue peu après sa participation à un rassemblement contre le régime, dans un contexte de mobilisation persistante malgré la répression.

D’après Amnesty International et le centre Abdorrahman Boroumand, le jeune athlète a rapidement été jugé et condamné à mort, en quelques semaines, au terme d’une procédure entachée de multiples irrégularités. Il aurait affirmé devant le tribunal que sa confession avait été obtenue « sous la torture et d’autres mauvais traitements ».

Des ONG basées à l’étranger, comme Iran Human Rights, parlent de « simulacre de procès » et accusent le régime d’avoir voulu faire de Mohammadi un exemple.

Un message de terreur adressé aux manifestants
Pour de nombreux observateurs, l’exécution publique à Qom de ce jeune sportif vise autant à punir qu’à dissuader. « Quand un lutteur de 19 ans est pendu en place publique, le régime ne parle pas seulement à ses opposants, il parle à toute une génération », analyse un chercheur cité par la presse internationale.

Les autorités, qui affirment agir dans le cadre de la loi islamique, assument une ligne de plus en plus brutale face à des mouvements de contestation récurrents depuis plusieurs années.

Dans le monde du sport, la colère est palpable : d’anciens champions olympiques et des fédérations occidentales ont dénoncé une atteinte grave aux droits humains et appelé à des sanctions contre Téhéran.

Pour les défenseurs des droits, la mort de Saleh Mohammadi s’inscrit dans une stratégie plus large d’élimination systématique des figures visibles de la contestation, des athlètes aux artistes, afin d’étouffer toute forme de dissidence organisée.

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