La Belgique commande onze avions américains F‑35 supplémentaires et enterre définitivement le Rafale

La Belgique scelle définitivement le sort du Rafale français sur son territoire. Le gouvernement belge annonce sa volonté de commander onze avions de combat F-35A supplémentaires au géant américain Lockheed Martin. Cette nouvelle acquisition renforce la suprématie de l’industrie militaire des États-Unis en Europe. Bruxelles assume ce choix atlantiste de long terme. L’avionneur Dassault perd ainsi toute chance d’équiper l’armée de l’air du plat pays.

Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, relance la dynamique américaine autour des F‑35 en Belgique. La Belgique augmente ses investissements militaires avec un budget de 34 milliards d’euros d’ici 2034, selon le site Forum militaire. Ce budget finance de nombreux systèmes d’armes. Bruxelles prévoit de signer ce nouveau contrat aéronautique en 2026. Cette décision portera la flotte belge à un total de 45 appareils furtifs américains. Paris encaisse un nouveau camouflet industriel.
Une flotte sous bannière américaine
Theo Francken a profité de la Conférence de sécurité de Munich pour avancer sur ce dossier, rapporte le journal belge La Libre. Le ministre belge a rencontré Jim Taiclet lors de cet événement en Allemagne. Il a confirmé au patron de Lockheed Martin son intention d’acquérir ces onze nouveaux chasseurs. Le Premier ministre belge avait déjà évoqué cette volonté d’achat à l’été 2025.

Le premier contrat de 34 F-35 pour la Belgique suit actuellement son cours. Le constructeur américain fabrique l’intégralité de ces premiers appareils aux États-Unis. L’armée belge a réceptionné ses trois premiers avions à la mi-octobre sur la base aérienne de Florennes. Les forces armées déploient également plusieurs chasseurs sur la base américaine de Luke dans l’État de l’Arizona. Les pilotes belges y effectuent leur formation intensive et leur conversion technique.
Cette double commande ferme définitivement la porte au Rafale de Dassault. La Belgique avait déjà préféré le F-35 à l’avion français et à l’Eurofighter en 2018.
L’illusion d’une production européenne
Le gouvernement belge tente d’atténuer l’image américanisée de cet achat. « Ils devraient être aussi européens que possible » déclare le ministre Theo Francken au site spécialisé Breaking Defense, selon La Libre. Le ministre espère assembler ces onze nouveaux avions en Italie. Il vise spécifiquement la base aérienne de Cameri dans le nord du pays. Ce site italien réalise déjà l’assemblage final des F-35 destinés aux armées italienne et néerlandaise.
L’industrie locale belge récupère quelques retombées économiques du programme F-35. L’entreprise flamande BMT Aerospace participe activement au projet. La société wallonne Safran Aero Boosters s’investit également dans la production. Ces deux acteurs ont signé un accord avec le motoriste Pratt & Whitney en octobre dernier. Ils fabriquent désormais des composants pour le moteur du chasseur américain. Cette organisation renforce la participation industrielle sur le papier. Elle aligne théoriquement cet achat sur les règles de financement de l’Union européenne.
Cependant, le F-35 demeure un système d’armes exclusivement américain, selon Forum militaire. La Belgique maintient une dépendance absolue envers Washington. Les États-Unis gèrent intégralement la chaîne logistique globale. L’administration américaine impose les mises à jour logicielles de l’appareil. Washington délivre les autorisations d’exportation ou d’emploi en opération. Les Américains contrôlent également l’intégration des armements spécifiques. L’assemblage en Italie ne change donc pas la souveraineté stratégique du programme.
Les revers du Rafale en Europe
L’avion français cumule les échecs cuisants sur le continent européen, selon Forum militaire. Les armées de l’air européennes choisissent massivement l’industrie américaine pour remplacer leurs flottes. La Finlande a écarté le Rafale en 2021 pour acheter 64 exemplaires du F-35A. La Pologne a commandé 32 chasseurs américains en 2020. La Suisse a sélectionné 36 F-35A en 2022. Les autorités suisses ont privilégié l’interopérabilité et le soutien américain au détriment de la proposition française.
La série noire du Rafale continue ces dernières années. La République tchèque a signé un contrat pour 24 F-35A en 2024. L’argument de la furtivité propre à l’OTAN a convaincu Prague. La Roumanie a également éliminé l’avion de Dassault en 2024. Bucarest a commandé 32 avions américains pour moderniser rapidement sa flotte. Le Portugal a opté pour le F-35A pour des raisons budgétaires et d’intégration à l’OTAN entre 2025 et 2026.
L’avion tricolore a toutefois remporté quelques marchés. La Croatie a acheté 12 Rafale d’occasion à la France. La Grèce a commandé 12 appareils neufs et 12 avions d’occasion. L’Ukraine représente actuellement la commande la plus volumineuse. Kiev attend la livraison de 100 Rafale français pour soutenir son effort de guerre.
Une facture colossale sous le feu des critiques
L’aspect financier du programme soulève de vives inquiétudes, pointe Forum militaire. Le premier contrat de 34 avions affichait une estimation comprise entre 3,6 et 4 milliards d’euros. Le coût global sur tout le cycle de vie grimpe jusqu’à 6,5 milliards d’euros. Les onze nouveaux exemplaires coûteront environ 1,67 milliard d’euros supplémentaires à l’achat.
Des élus belges dénoncent fortement cette dépense, rapporte BFMTV. Le parti PTB a déposé une proposition de résolution le 19 janvier. Le texte repéré par la chaîne TF1 demande l’annulation de cet achat. « Nous nous opposons à ce projet coûteux, dangereux et inutile » déclarent les députés du PTB. Ils s’appuient notamment sur l’exemple de la Suisse. Le pays helvète a vu sa facture gonfler considérablement. Le gouvernement suisse s’est retrouvé dans l’obligation de poursuivre le processus d’acquisition malgré l’explosion des coûts.
Les opposants au projet pointent les autres priorités nationales sacrifiées. Le coût global du cycle de vie de ces onze appareils atteindra les 6 milliards d’euros. « Cette somme permettrait de construire 40 écoles primaires, de créer 10.000 places en crèche et de construire un nouvel hôpital moderne », fustigent les députés du PTB.
« Commander des F-35 à Donald Trump, c’est livrer sa défense à Washington »
L’achat d’un matériel américain comporte des risques technologiques majeurs, selon BFMTV. Le Government of accountability office américain a publié plusieurs rapports alarmants. Cette institution équivalente à la Cour des comptes documente largement les problèmes techniques de l’avion furtif. Les systèmes spécifiques du F-35 menacent également la confidentialité des données européennes.
Le contexte politique américain accroît l’incertitude des parlementaires belges. Les récentes déclarations de Donald Trump inquiètent les élus de l’opposition. Ils craignent une interdiction américaine d’utiliser les avions de combat lors d’un conflit. « Commander des F-35 à Donald Trump, c’est livrer sa défense à Washington », affirment les députés belges.
Malgré ces oppositions, la Belgique ne reviendra pas sur son choix. Le gouvernement belge refuse de panacher sa flotte avec deux avions de chasse différents. La taille restreinte de l’armée de l’air belge empêche cette option.


