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Italie : Giorgia Meloni en colère après l’expulsion bloquée d’un migrant condamné pour viol collectif

Giorgia Meloni a vivement réagi à la décision de la cour d’appel de Rome, qui a suspendu l’expulsion d’un ressortissant marocain au casier judiciaire chargé, déjà transféré dans un centre de rétention en Albanie. Cette décision a immédiatement ravivé les tensions entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire sur la gestion des flux migratoires.

Le débat national sur la politique migratoire de Giorgia Meloni a connu une crispation après l’interruption de l’expulsion de Fathalla Ouardi. Ce migrant marocain de 39 ans possède un casier judiciaire particulièrement chargé, rapporte The European Conservative. Selon les autorités, ses condamnations incluent notamment trafic de stupéfiants, vol et participation à un viol collectif. Malgré la gravité de ces faits, les juges ont stoppé la procédure. Le ressortissant a effectivement déposé une demande de protection internationale, un recours qui suspend automatiquement tout renvoi, selon le droit d’asile européen et italien.
L’indignation de la Première ministre
Fathalla Ouardi avait pourtant rejoint le centre de rétention pour migrants de Gjader, en Albanie, le 17 février dernier. Ce site constitue un axe majeur de la stratégie de Rome pour traiter les dossiers des clandestins hors de l’Union européenne. Le gouvernement souhaite ainsi accélérer les départs forcés tout en soulageant les centres de rétention italiens. Néanmoins, ce dispositif fait l’objet de contestations juridiques récurrentes. De nombreuses organisations contestent sa conformité avec les normes européennes du droit d’asile.


La cheffe du gouvernement italien n’a pas tardé à exprimer son exaspération sur les ondes de la radio RTL, comme le relaie Atlantico. Elle a fustigé l’impuissance de l’État face à des profils dangereux : « Quelqu’un qui est entré illégalement en Italie, s’est mis à dealer de la drogue et a violé une femme en bande organisée ; nous ne pouvons pas le détenir, nous ne pouvons pas l’envoyer en Albanie et nous ne pouvons pas le rapatrier. » Cette affaire illustre, selon elle, une faille majeure dans la protection de la sécurité publique.


Giorgia Meloni a aussi interpellé les mouvements féministes, notamment le collectif Non Una di Meno. Elle a dénoncé leur silence face à ce type d’agresseurs. Elle a d’ailleurs rappelé un autre drame récent survenu à Florence, impliquant deux autres migrants soupçonnés du viol d’une femme.
« Il est difficile de défendre l’Italie avec certains juges »
La présidente du Conseil craint que ces décisions judiciaires ne brisent la foi des citoyens. « Quelle confiance une femme victime d’un viol collectif peut-elle avoir dans le système si son agresseur ne peut même pas être expulsé ? », a-t-elle interrogé.
Ce conflit n’est pas un incident isolé mais s’inscrit dans une lutte de pouvoir plus vaste. Depuis 2022, la majorité accuse une partie de la magistrature de neutraliser les outils de contrôle de l’immigration illégale. À l’inverse, les magistrats affirment qu’ils ne font qu’appliquer strictement les garanties juridiques constitutionnelles et européennes. Face à ce blocage, la Première ministre a réitéré sa volonté de réformer la justice. Elle a conclu avec amertume : « Il est difficile de défendre l’Italie avec certains juges. »

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