Incendie de Crans-Montana : un des avocats évoque les victimes “entre la vie et la mort” malgré les soins

Après le terrible incendie survenu à Crans-Montana, qui a coûté la vie à quarante personnes lors de la nuit du Nouvel An, la parole des proches et de leurs représentants continue de révéler l’ampleur du drame. Samedi 10 janvier 2026, Sébastien Fanti, avocat de plusieurs familles de victimes, a livré un témoignage poignant sur l’état des survivants, lors d’une conférence de presse relayée par Franceinfo.
Un incendie fulgurant au cœur des festivités
Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, alors que la station de ski célébrait le passage à la nouvelle année, un incendie s’est déclaré dans un bar de Crans-Montana. En l’espace de quelques minutes, les flammes ont envahi l’établissement, piégeant de nombreuses personnes à l’intérieur. Le bilan est lourd : quarante morts et 116 blessés graves, pris en charge en urgence par les services médicaux suisses.
Des décisions judiciaires encore incertaines
Les propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti, ont été entendus par la police le vendredi 9 janvier. À l’issue de son interrogatoire, Jacques Moretti a été placé en détention provisoire, tandis que son épouse a été remise en liberté. Une décision qualifiée de provisoire, encore suspendue à la validation du tribunal des mesures de contrainte. « Cette décision est suspendue dans l’atmosphère », a souligné l’avocat, traduisant l’angoisse et l’attente dans lesquelles vivent les familles.
Des victimes toujours entre la vie et la mort
Lors de sa prise de parole, Sébastien Fanti a insisté sur la gravité extrême de l’état de certains survivants, malgré les soins intensifs. « Certains enfants sont entre la vie et la mort après quatre opérations », a-t-il confié. D’autres, notamment des adolescents, commencent lentement à se stabiliser, mais la route vers la guérison s’annonce longue et éprouvante. « Quand vous êtes brûlé, cela ne se compte pas en mois, mais en années », rappelle-t-il, soulignant la lourdeur des séquelles physiques et psychologiques.
Face à cette réalité, de nombreuses familles se préparent au pire, redoutant une décision judiciaire qui pourrait laisser certains responsables en liberté. Une perspective vécue comme une seconde épreuve après le drame.

La responsabilité de la commune mise en cause
Au-delà des propriétaires de l’établissement, l’avocat pointe également la responsabilité de la commune de Crans-Montana. Selon lui, aucun contrôle sérieux du bar n’aurait été effectué depuis plusieurs années. Une négligence qui, si elle était confirmée, pourrait avoir contribué à la catastrophe.
L’une de ses clientes, mère de deux victimes, a exprimé son incompréhension face à la libération de Jessica Moretti : « C’est injuste, elle était là et elle doit répondre comme lui », rapporte Me Fanti.
Une enquête toujours en cours
L’enquête judiciaire se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de l’incendie et établir les responsabilités. Ce drame a profondément marqué la Suisse et l’opinion publique, d’autant plus que près de la moitié des victimes sont mineures.


