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« Il faut sortir de cette Union européenne, sinon on va être broyé » : le cri d’alarme de Philippe de Villiers face à la crise agricole

Le gouvernement français tente de calmer la fronde paysanne avec de nouvelles mesures financières. Toutefois, l’ancien ministre Philippe de Villiers estime que seule une sortie de l’Union européenne sauvera le monde rural.

La tension reste vive dans les campagnes françaises malgré les annonces de Matignon. Dans ce contexte de colère des agriculteurs, Philippe de Villiers a livré une analyse tranchante ce 9 janvier sur le plateau de CNews. L’ancien candidat à la présidentielle lie directement la détresse des paysans à la perte de contrôle national. Selon lui, le nœud du problème réside dans le transfert des compétences vers Bruxelles.
« Les paysans, eux, ils ont compris ce que ça veut dire d’être souverain »
L’invité de CNews a d’abord rappelé un principe juridique fondamental à ses yeux. « Quand un pays est souverain, et qu’il délègue une compétence, à aucun moment, il ne peut déléguer sa souveraineté, il ne peut transférer sa souveraineté », a déclaré Philippe de Villiers. Il observe d’ailleurs un changement de perception chez les citoyens. Il a poursuivi : « Moi pendant des années et des décennies, quand j’allais dans les salles, quand j’allais voir les Français, et que je leur disais : “Souveraineté, souveraineté, souveraineté”, ils disaient : “Qu’est-ce que c’est que ce truc ?” »

Pour l’écrivain, les travailleurs de la terre incarnent aujourd’hui cette prise de conscience. « Là les paysans, eux, ils ont compris ce que ça veut dire d’être souverain », a encore pointé l’ancien ministre. Insistant sur la dure réalité du terrain, il a martelé : « Parce que quand tu n’es plus souverain, tu comprends ce que ça veut dire. »
« Une victoire dans la défaite »
Philippe de Villiers a qualifié de « geste magnifique » et de « victoire » la venue des tracteurs devant l’Arc de Triomphe à Paris. « Toute la France est derrière eux ! » s’est-il réjoui. Cependant, il a immédiatement tempéré cet enthousiasme en affirmant : « Mais c’est une victoire dans la défaite. » Pour éviter une catastrophe économique, l’ex-ministre appelle à une rupture radicale. « Il faut partir, il faut sortir de cette Union européenne, sinon on va être broyé », a-t-il insisté.

L’ancien député européen dénonce également l’immobilisme de la classe politique. « En fait, tout le monde s’arrange de la politique politicienne parce qu’ils ont leurs postes, ils sont députés, ils sont députés européens, voilà », a-t-il encore fustigé. Revendiquant une parole libre que seuls les manifestants oseraient porter, il a affirmé : « C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il y a autant de gens qui regardent mon émission, parce que moi je suis libre, et je vous dis les choses que personne ne dit, sauf les paysans sur leurs tracteurs, eux ils ont compris. »


Des concessions gouvernementales jugées insuffisantes
De son côté, l’exécutif tente d’apaiser la colère des agriculteurs. Le gouvernement a annoncé ce vendredi soir un « paquet de 300 millions » d’euros, incluant des aides pour la dermatose nodulaire bovine. Selon l’AFP, ces mesures prévoient aussi une augmentation des tirs contre les loups. Amélie de Montchalin conditionne toutefois ces fonds au vote du budget.
Ces annonces peinent à convaincre les syndicats. La Coordination rurale demande une « dissolution rapide du gouvernement ». La FNSEA regrette quant à elle l’absence de « loi spéciale ». La signature imminente de l’accord avec le Mercosur, prévue le 17 janvier, cristallise désormais toutes les inquiétudes.

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