Hommage à l’adjudant-chef Arnaud Frion : « Il est mort en soldat, en combattant »

« Ce sont les meilleurs qui partent les premiers », dit son chef. À la caserne du 7e Bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère), le drapeau français flotte en berne en hommage à l’adjudant-chef Arnaud Frion, tué jeudi en Irak par un drone.
Hommage à l’adjudant-chef Arnaud Frion – L’annonce a bouleversé le bataillon. « La nouvelle est vraiment toute fraîche. Vous l’avez apprise quasiment en même temps que nous », confie le colonel François-Xavier de la Chesnay, chef de corps du bataillon. L’adjudant-chef, âgé de 42 ans, a été frappé par un drone Shahed, arme d’origine iranienne, selon lui.
Un soldat tué en opération
Arnaud Frion est le premier soldat français mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février. Le président Emmanuel Macron lui a rendu hommage vendredi. Six autres militaires ont été blessés, selon le ministère des Armées.

Le sous-officier appartenait aux 3 500 soldats de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne, basée à Varces, non loin de Grenoble. Emmanuel Macron y avait effectué une visite en novembre dernier.
Un parcours marqué par l’engagement
Deux portraits de l’adjudant-chef décorent désormais la salle de réception du 7e bataillon. Il y apparaît debout, casque et fusil en main, devant un drapeau tricolore. En janvier 2026, il avait été déployé en Irak dans le cadre de l’opération « Inherent Resolve » contre le terrorisme.
Entré chez les chasseurs alpins de Haute-Savoie le 1er décembre 2004 comme grenadier-voltigeur, il avait ensuite servi au Tchad, en Côte d’Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d’un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.
Un militaire « hors norme »
« Il est mort en soldat, en combattant. Et donc, finalement, c’est presque quelque chose qui est normal pour un soldat. (…) On sait que ça fait aussi partie du métier et Arnaud le savait », déclare le colonel. Il évoque une « personnalité assez hors norme » et un « beau parcours ».
Ayant commencé « vraiment tout en bas de l’échelle », il avait « très tôt été remarqué par ses chefs ». Il cumulait une dizaine d’opérations et quatre citations. « C’est quelqu’un qui était ultra compétent, très, très performant. Et donc, comme on dit un peu de façon un peu banale, ce sont les meilleurs qui partent les premiers », conclut-il.
Une commune en deuil
À Varces, l’hôtel de ville a aussi mis son drapeau en berne. « La commune est en deuil, le bataillon est en deuil », déclare le maire Jean-Luc Corbet. La ville de 8 500 habitants compte de nombreuses familles de militaires. « Ici, tout le monde a au minimum un voisin militaire. Et un enfant de militaire dans la classe de son enfant », souligne-t-il.
Varces avait déjà perdu Maxime Blasco, tué au Mali en 2021, puis un autre militaire en Guyane en 2023. « Oui, on est habitué malheureusement, bien malheureusement, on est habitué à ces situations-là. Et c’est une situation où justement, il faut que la société civile soit à leur côté. (…) Mais l’habitude n’enlève pas la peine », conclut le maire.


