Haute-Savoie : le candidat UDR-RN bat haut la main son concurrent LR au second tour de l’élection législative partielle

La troisième circonscription de Haute‑Savoie bascule pour la première fois dans le camp de la droite nationaliste.
Haute-Savoie – Dimanche 1er février, le candidat UDR‑RN Antoine Valentin, 33 ans, a remporté le second tour de l’élection législative partielle avec 59,1 % des suffrages exprimés face au candidat Les Républicains (LR) Christophe Fournier, crédité de 40,9 %. Selon les résultats provisoires communiqués par la préfecture, il obtient 17 341 voix contre 12 013 à son adversaire, dans un scrutin marqué par une participation de 34,09 %, selon Le Dauphiné.
Cette victoire offre un siège supplémentaire à l’Union des droites pour la République (UDR), formation présidée par Éric Ciotti et alliée au Rassemblement national (RN), dans un département jusqu’ici considéré comme un bastion de la droite traditionnelle. Elle intervient après la démission en novembre de la députée LR Christelle Petex, qui avait quitté la vie politique, ouvrant la voie à cette partielle à forte portée symbolique à quelques semaines des municipales de mars.
Un score net au second tour
Au second tour, Antoine Valentin consolide nettement son avance du premier tour, où il avait déjà rassemblé 45,06 % des voix contre 15,22 % pour Christophe Fournier. Dans plusieurs communes de la circonscription, le candidat UDR‑RN réalise des scores élevés : à Marignier, il atteint 72,82 % des suffrages, tandis que son concurrent LR se contente de 27,18 %. À Thyez, il obtient 63,28 %, contre 36,72 % pour le maire LR de Glières‑Val‑de‑Borne.
La dynamique lui est cependant moins favorable dans les grandes communes : à La Roche‑sur‑Foron, Christophe Fournier arrive en tête avec 54,84 % des voix, contre 45,16 % pour Antoine Valentin. La participation progresse néanmoins par rapport au premier tour, passant de 31,28 % à 34,09 % sur l’ensemble de la circonscription, signe d’une mobilisation accrue autour de ce duel droite contre droite nationaliste. Au total, 29 354 électeurs se sont déplacés sur 86 000 inscrits environ, confirmant un niveau d’abstention encore très élevé.
Élu député, Antoine Valentin, jusqu’ici maire de Saint‑Jeoire et président d’une petite station de ski locale, fait entrer pour la première fois l’UDR‑RN à l’Assemblée nationale pour cette circonscription alpine. Cofondateur de l’institut Politicae, il se présentait pendant la campagne comme le « candidat de la droite », revendiquant une ligne « patriote » et d’« enracinement ».
Une victoire revendiquée par l’UDR‑RN
Sur le réseau social X, Éric Ciotti a salué immédiatement ce résultat comme une étape dans son projet d’union des droites. Le président de l’UDR se félicite d’avoir « [battu] la coalition de Laurent Wauquiez et Emmanuel Macron en Haute‑Savoie » et conclut : « Chaque jour qui passe l’UDR remplace LR partout en France ». Pour lui, cette partielle confirme la capacité de son mouvement, allié au RN de Marine Le Pen et Jordan Bardella, à conquérir des terres historiquement acquises aux Républicains.

À gauche, plusieurs responsables locaux soulignent au contraire la portée symbolique de ce basculement, dans une circonscription proche du plateau des Glières, haut lieu de la Résistance. Dans un communiqué, le Parti communiste de Haute‑Savoie rappelait ainsi que « la 3e circonscription est symbolique, proche du plateau des Glières, haut lieu de la Résistance, où dans nombre de villages des plaques commémoratives rappellent le sacrifice de nos anciens dans la lutte contre l’extrême droite ». Cette lecture politise davantage un scrutin que certains élus locaux présentaient au départ comme essentiellement « territorial ».
Cette élection partielle s’inscrit enfin dans un contexte national de recomposition de la droite, entre LR opposé à toute alliance avec le RN et l’UDR qui assume au contraire une stratégie d’accords électoraux avec le parti de Marine Le Pen. Pour les analystes politiques, le résultat de Haute‑Savoie fournira un indicateur précieux sur la capacité de cette union à se traduire en gains de sièges lors des prochains scrutins, au‑delà de cette circonscription test de la vallée de l’Arve.


