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François Ruffin veut ré-introduire les savoir-faire pratiques, la couture, la cuisine et le bricolage, à l’école

Le député François Ruffin (Somme, LFI) propose d’introduire au collège des enseignements pratiques portant notamment sur la couture, la cuisine et le bricolage, en complément des matières générales.

François Ruffin défend cette orientation des savoirs pratiques dans des prises de position publiques et sur les réseaux sociaux, en lien avec un débat plus large sur la place des savoirs concrets dans le système éducatif, selon


​Cette initiative intervient alors que le ministère de l’Éducation nationale déploie le dispositif dit du « choc des savoirs », centré sur le renforcement des apprentissages fondamentaux. Les discussions portent sur l’équilibre entre consolidation des résultats en français et en mathématiques et éventuelle création de nouveaux modules à caractère pratique.​

Une proposition centrée sur des compétences domestiques
François Ruffin indique vouloir que les collégiens acquièrent des compétences de base en matière d’entretien domestique et de vie quotidienne, incluant la préparation de repas simples, des travaux de réparation courants et des gestes de bricolage élémentaires. Il présente ces contenus comme des « savoirs pratiques » destinés à favoriser l’autonomie des élèves


​Selon l’élu, une partie des jeunes arrive à l’âge adulte sans maîtriser des tâches considérées comme indispensables à la gestion du quotidien, telles que recoudre un vêtement ou effectuer de petites réparations dans un logement. Il associe cette situation à un décalage entre les apprentissages scolaires et les besoins concrets des futurs adultes.​

« Bricoler je ne sais pas faire, cuisiner je ne sais pas faire, jardiner je ne sais pas faire et il me semble que l’école de demain doit être une école où on apprend aussi tout ça, des savoirs concrets. » expliqué le député.
Les activités envisagées s’inscriraient dans des séances encadrées, avec des objectifs pédagogiques identifiés et un volume horaire spécifique, dans la continuité de l’ancien enseignement de travaux manuels ou de technologie appliquée. Cette option impliquerait une adaptation de l’organisation du temps scolaire au collège.​

Un contexte de réforme des programmes
Le ministère a engagé une révision des programmes dans le cadre du « choc des savoirs », avec une priorité donnée aux disciplines fondamentales et à la maîtrise des connaissances attendues en fin de collège. Le Conseil supérieur des programmes est chargé d’élaborer les nouvelles orientations, en veillant à la cohérence d’ensemble des enseignements

Dans ce cadre, l’ajout de nouveaux enseignements pratiques suppose des arbitrages sur les horaires et les contenus existants, afin de ne pas augmenter la charge globale d’enseignement sans redéfinition des priorités. Les documents officiels insistent sur la nécessité de maintenir un socle commun de connaissances, de compétences et de culture.​

Les textes récents rappellent également que des approches concrètes peuvent déjà être intégrées dans certaines disciplines, comme la technologie ou l’éducation au développement durable, sans création d’une matière supplémentaire. Cette piste est régulièrement évoquée par des acteurs institutionnels.​

Réactions et enjeux pédagogiques
Des enseignants et syndicats interrogés soulignent que des activités pratiques peuvent contribuer à l’engagement d’élèves en difficulté, à condition d’être intégrées dans un cadre pédagogique structuré. Ils mettent toutefois en avant la contrainte de moyens matériels (locaux, équipements, sécurité) et humains (formation des enseignants, recrutement).​

Des spécialistes de l’éducation rappellent que la diversification des situations d’apprentissage peut renforcer la compréhension des notions abstraites, mais qu’elle doit être articulée aux objectifs des programmes pour éviter une dispersion des contenus. Les débats portent sur la place à accorder à ces apprentissages dans l’emploi du temps hebdomadaire.​

Le ministère n’a pas, à ce stade, annoncé de modification de ses priorités pour intégrer explicitement les propositions de François Ruffin dans les textes réglementaires. Le sujet pourrait néanmoins être abordé lors de futures consultations autour de la mise à jour des programmes et de l’organisation du collège


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