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France Télévisions : les dirigeants rechignent à dévoiler leurs salaires devant la commission d’enquête

Alors que la commission d’enquête sur l’audiovisuel public auditionnait les cadres du groupe ce mercredi, une certaine tension a animé la discussion concernant la rémunération des dirigeants. Malgré les relances du rapporteur, ces derniers ont refusé de rendre ces montants publics.

Les échanges se sont intensifiés ce mercredi 28 janvier au Palais Bourbon. Le député Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a directement interrogé les dirigeants sur leurs revenus. Il a d’abord pointé du doigt l’opacité de ces rémunérations « payées par l’impôt des Français ».
Un refus « problématique »
Lors de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ce mercredi, le député ciottiste a d’abord rappelé que les salaires des députés étaient publics. Il a également précisé que même ses revenus privés des cinq dernières années restaient consultables par tous les citoyens, via la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Il s’est alors demandé pourquoi « autant de réticence » sur cette question des salaires des dirigeants de France TV, payés « à 100 % par l’argent des Français ».

Dans un tweet publié le jour même, Charles Alloncle a déploré : « Interrogés sur le montant de leur rémunération en tant que directeurs à France Télévisions, tous ont refusé de la rendre publique, estimant ne pas avoir à s’en expliquer. Un refus d’autant plus problématique que ces salaires sont intégralement financés par de l’argent public. »
« Vous les connaissez »
Muriel Pleynet, directrice adjointe de l’information et directrice de France Info TV, a justifié cette position avec fermeté. Selon elle, les commissaires possèdent déjà ces chiffres dans le cadre de l’enquête. « Nous n’y répondons pas parce que d’abord vous avez accès à nos salaires, vous les connaissez », a-t-elle déclaré avant de marteler : « Cette audition est publique et on estime qu’on n’a pas publiquement à dévoiler nos salaires à partir, encore une fois, du moment où ces informations sont en votre possession. On a beau être rémunérés par de l’argent public, nous ne sommes pas élus de la République. »

Par ailleurs, la dirigeante a défendu la politique salariale globale du groupe. Elle assure que la direction des ressources humaines analyse chaque année les rémunérations lors des négociations annuelles. « À cette occasion, on veille, s’il y a des gens qui effectivement ont des salaires en-dessous de la médiane, à rectifier et à corriger les écarts qui pourraient exister », a conclu Muriel Pleynet.
L’alignement de Nathalie Saint-Cricq
Le rapporteur a tenu à souligner les écarts de salaires entre le service public et le secteur privé. Il a rappelé que la moyenne au sein de France Télévisions atteignait 72.000 euros par an, contre 67.000 euros dans l’audiovisuel privé, avant d’interpeller directement Nathalie Saint-Cricq : « Est-ce que, madame Saint-Cricq, vous pourriez nous donner votre salaire ? »
La journaliste a décliné la demande de Charles Alloncle. Elle a ainsi affirmé : « Pour ce qui me concerne, je m’alignerai sur la décision de France Télévisions et de mes collègues qui est de dire que mon salaire est totalement disponible dans la fameuse Data-room. »
Enfin, Nathalie Saint-Cricq a tenu à souligner son engagement personnel au sein du service public. Elle a notamment évoqué ses dix années de collaboration bénévole à l’émission « Questions politiques » sur France Inter. « Donc je ne pense pas que ce soit l’appât du gain qui me fasse travailler dans le service public », a-t-elle affirmé en guise de conclusion.

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