« D’ici à 2030, 2 voitures neuves sur 3 devront être électriques », le nouveau virage du gouvernement vers la voiture électrique

Interdiction des chaudières à gaz, aides aux gros rouleurs en électrique: Sébastien Lecornu a présenté vendredi des premières mesures visant à « accélérer » l’électrification dans les transports et le logement pour moins dépendre du gaz ou du pétrole, dont les prix flambent avec la guerre au Moyen-Orient.
« La guerre au Moyen-Orient n’est pas la nôtre, et pourtant, elle nous affecte très directement. Heureusement, la France a un atout, une électricité produite sur son sol », d’origine principalement nucléaire, a fait valoir le Premier ministre dans une allocution depuis la cour de Matignon.
Alors que ce conflit, déclenché le 28 février par Israël et les États-Unis contre l’Iran, fait flamber les cours du brut et affecte le pouvoir d’achat et l’activité économique, l’objectif du gouvernement est d’inverser d’ici 2030 la tendance, en passant de 60% de pétrole et de gaz dans la consommation finale d’énergie à 60% d’énergie décarbonée.

La guerre au Moyen-Orient déclencheur de l’électrification de la France
Le Premier ministre entend faire basculer les secteurs dépendants des énergies fossiles vers l’électricité, d’origine nucléaire ou renouvelable, comme les transports avec les véhicules électriques, le bâtiment avec les pompes à chaleur ou l’industrie avec des fours électriques.
Relancer le nucléaire et consommer davantage d’électricité « décarbonée » font partie de la feuille de route énergétique (Programmation pluriannuelle de l’énergie, PPE) du pays dévoilée mi-février.
Depuis, Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de travailler à une « deuxième version » du plan très attendu d’électrification qui sera présenté dans les « prochains jours », considérant qu’il ne va « pas assez loin ». En attendant, il a dévoilé vendredi de premières mesures.
Le soutien à l’électrification des usages multiplié par deux
Il a annoncé que le gouvernement allait doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an.

Mais compte tenu des contraintes budgétaires et du déficit que l’exécutif veut contenir à 5% du PIB, « cela ne se fera pas avec de l’argent nouveau », a-t-il prévenu, mais par une réduction des dépenses énergétiques et une réorientation des « aides publiques » et privées (certificats d’économies d’énergie, CEE).
Le Medef a prévenu que cela ne devrait « pas se faire au détriment des entreprises dont la situation est déjà fragile » mais par des « économies budgétaires », tout en saluant les annonces.
EDF a salué « une étape importante pour accélérer le passage à l’électrique en France, réduire la facture des ménages ainsi que la dépendance aux énergies fossiles du pays », après avoir dévoilé des mesures à 240 millions d’euros pour encourager les français à passer à l’électrique.
Le Réseau Action Climat a souligné la nécessité de « financements supplémentaires » en regrettant, comme le groupe de réflexion Negawatt, l’absence de la « sobriété » énergétique dans le discours du Premier ministre.
Idem chez les Ecologistes qui affirment dans un communiqué que « Sébastien Lecornu reconnaît enfin une évidence (…) Très peu de réelles nouvelles annonces et beaucoup de réchauffé » et sans financement clair.
Marine Le Pen a elle dénoncé sur X que ces mesures n’étaient pas la priorité des Français qui « voudraient d’abord vivre dignement de leur travail, nourrir leurs enfants et pouvoir se payer des petits plaisirs ».
L’interdiction des nouvelles installations au gaz dans les logements
Dans le secteur du logement, l’installation de chauffages au gaz sera interdite à partir de la « fin de cette année » dans les constructions neuves, et deux millions de logements sociaux ne seront plus chauffés au gaz d’ici à 2050.
Le gouvernement rappelle qu’il souhaite aussi installer chaque année un million de pompes à chaleur (PAC) « fabriquées en France » d’ici à 2030, afin de diviser « par deux » le coût du chauffage.
Si l’installation de PAC peut se généraliser dans 80% des maisons individuelles, cela risque d’être plus compliqué dans les logements collectifs. Plusieurs acteurs et associations spécialisées, dont le Cler, ont appelé à une approche plus globale des rénovations énergétiques.


