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C’est une première réponse de l’UE à Trump: le Parlement européen gèle la ratification de l’accord commercial de juillet dernier avec les Etats-Unis

La présidente du groupe social-démocrate au Parlement européen a annoncé qu’un « accord majoritaire » avait été trouvé entre les forces politiques pour geler la ratification de l’accord trouvé avec Washington l’an passé.
Le Parlement européen gèle la ratification de l’accord commercial trouvé avec les États-Unis en juillet dernier. Un « accord majoritaire » a été trouvé entre les groupes politiques ce mardi 20 janvier, a assuré la présidente du groupe S&D (social-démocrate), Iratxe Garcia Perez, devant des journalistes.

Il s’agit d’une première réponse de l’Union européenne aux nouvelles pressions de Donald Trump, ciblées contre six États membres, dont la France, à propos du Groenland. Les États-Unis menacent de leur imposer des surtaxes douanières.

Concrètement, ce texte prévoit des droits de douane de 15% sur les exportations européennes vers les États-Unis, et leur suppression en ce qui concerne les exportations américaines vers l’UE. Le gel des discussions au sein du Parlement européen empêche sa ratification et donc son application.

Cette décision a été soutenue par le PPE (droite), le groupe le plus important du Parlement européen. Une partie de l’extrême droite s’est opposée. « Nous pensons que c’est une erreur », a indiqué le coprésident du groupe ECR, l’Italien Nicola Procaccini, membre du parti de Giorgia Meloni. Au contraire, le groupe des Patriotes, présidé par l’eurodéputé français Jordan Bardella, s’est dit favorable à la « suspension » de cet accord.

Paris veut frapper fort
Une riposte plus vaste est à l’étude. « Notre réponse sera donc ferme, unie et proportionnelle », a martelé Ursula von der Leyen lors de son discours à la tribune du Forum économique mondial de Davos. Dans un premier temps, les responsables européens pourraient eux aussi relever leurs droits de douane sur une série de produits américains d’une valeur de 93 milliards d’euros.

La France pousse pour aller plus loin. Ce mardi, Emmanuel Macron a pointé une situation « folle » où l’Union européenne pourrait avoir à utiliser l’arme anticoercition « pour la première fois » contre les États-Unis. Cet instrument permettrait de limiter les importations provenant d’un pays, l’accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements quand ce dernier essaie d’imposer ses vues par la coercition économique.

« L’Europe a maintenant des outils très forts et nous devons les utiliser quand nous ne sommes pas respectés et quand les règles du jeu ne sont pas respectées », a insisté Emmanuel Macron ce mardi.
Le PPE, par la voix de son président Manfred Waber, a toutefois appelé à la « désescalade », refusant la mise en oeuvre du mécanisme anticoercition. Idem pour le groupe d’extrême droite ECR, qui comprend notamment les membres du parti de Giorgia Meloni. Le recours à ce que certains ont surnommé le « bazooka » économique est en revanche soutenu par les autres familles politiques.

En outre, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français en réponse au refus de son homologue français de rejoindre son « Conseil de paix », qui s’octroie la mission de « promouvoir la stabilité » dans le monde.

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