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« Ce sont des censeurs » : le coup de gueule de Bénabar contre France Inter et Télérama

Ne mâchant pas ses mots, le chanteur Bénabar a vivement critiqué France Inter et Télérama, qu’il considère comme des censeurs. Il a dénoncé un service public qui encourage un certain conformisme culturel, tout en pointant le principe du barrage républicain, qu’il juge partial et idéologique.

À l’occasion de la sortie de son nouvel album, Le soleil des absents, le chanteur populaire s’est confié sans détour à Thibaut Gauthier, dans l’émission Le Figaro la nuit vendredi dernier. Durant cette déambulation nocturne, Bénabar a pointé du doigt les choix éditoriaux de certains médias. Bien qu’il ait grandi avec ces références, le fils de libraire exprime aujourd’hui un profond désaccord avec leur ligne idéologique.
« Une caste assez imbécile »


Selon Bénabar, le fossé se creuse entre la chanson populaire et les décideurs culturels. « Moi, j’ai un sentiment de trahison personnelle mais je ne parle pas que de moi. Évidemment il y a mon ego de chanteur qui intervient pour beaucoup, mais pas que », a-t-il expliqué.

L’interprète du Dîner regrette que le public ne soit plus le seul juge de la qualité d’une œuvre. « Le milieu que je déteste, pour être très caricatural, mais malheureusement ça l’est… Télérama, France Inter. C’est un milieu d’une caste assez imbécile d’ailleurs, qui pense savoir et qui, sans le savoir – parce qu’ils ne sont pas assez cultivés –, ce sont des censeurs, d’une certaine façon », a-t-il poursuivi.

En tant qu’artiste, Bénabar a également indiqué qu’il fallait « éviter les gens qui décident ce qui est bien et ce qui n’est pas bien, parce que c’est ça la censure ».
Beaucoup d’artistes n’envoient pas leur disque à France Inter
Il a reproché à France Inter de s’éloigner de son rôle de service public. À ce sujet, il a déclaré : « Il y a une volonté de dire aux gens : ‘c’est ça qu’il faut écouter’. France Inter est très connu pour ça, c’est ça qu’il faut écouter, le reste c’est pas bien. » Il a poursuivi : « Les choix éditoriaux avec un des joyaux du service public, c’est pas des choix éditoriaux, en fait. »

« Trois quarts des artistes français n’envoient même pas leur disque à France Inter et c’est le service public, donc ça pose un problème », a-t-il encore soulevé. Prenant son cas en exemple, il a confié : « Les attachés de presse avec qui je travaille depuis plusieurs albums ne vont pas voir France Inter depuis 5 ou 6 albums, ce n’est pas la peine. »
Un refus du « barrage républicain »
Au-delà de la musique, le quinquagénaire s’est exprimé sur le climat politique actuel. Se disant « homme de gauche », il a expliqué que « beaucoup de ses meilleurs amis sont de droite ».
Estimant que la politique n’est pas « quelque chose de malsain », il rejette néanmoins les consignes de vote. « Je trouve que ce qui est malsain, c’est de prétendre interdire à untel d’avoir un avis », a-t-il signifié. Il a précisé sa pensée, se disant très embêté par « le soi-disant barrage républicain », qui pour lui « n’est pas du tout républicain ». « La République, c’est ‘chacun vote pour qui il veut’, c’est ça le concept », a-t-il souligné, martelant : « Il n’y a pas des bons votes et des mauvais votes. »
« Il ne faut jamais retirer la parole à qui que ce soit, y compris notamment […] à ceux qui ne pensent pas comme toi », a-t-il enfin déclaré. Et de conclure : « Souvent il y a des énervements parce qu’on empêche les gens de parler. On leur dit : ‘Mais non, ton vote, il n’est pas bien.’ […] C’est ce qui énerve le plus les gens, et à juste titre. »

« Il risque d’être considéré comme un traître »
Ces déclarations ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. L’éducateur Abel Boyi s’est lui aussi exprimé le même jour, sur le plateau des Grandes Gueules. Ce dernier a d’ailleurs anticipé les critiques à l’encontre du chanteur. « Il risque d’être considéré comme un traître par l’intelligentsia de gauche rien que pour avoir donné une interview au Figaro », a-t-il lancé.
L’avocat Charles Consigny a estimé que la prise de parole de Bénabar était un acte courageux, « car on sait à quel point les milieux culturels sont des milieux totalitaristes idéologiques », a-t-il asséné.

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