Budget 2026 : Les députés ont « 13 jours » pour choisir entre « le chaos » ou « la responsabilité », alerte Bayrou…

Le Premier ministre François Bayrou a annoncé demander un vote de confiance qu’il est presque sûr de perdre au Parlement le 8 septembre
n acte de bravoure face au péril de la dette ou une simple démission avant l’heure ? François Bayrou a surpris tout son monde lundi après-midi lors d’une conférence de presse. Alors que rien ne l’y obligeait, le Premier ministre a annoncé qu’il demanderait la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre après une déclaration de politique générale sur son plan de restrictions budgétaires pour l’année 2026. Faute de majorité, ce choix ressemble à un saut dans le vide. Faut-il y voir un suicide politique ?

Un départ quasi certain
« Il a voulu clarifier le débat en demandant à chaque parlementaire de se positionner sur la dette : est-ce que oui ou non, nous avons un problème à régler ? », décrypte Erwan Balanant, député MoDem du Finistère. Mais la question a vite pris une tournure différente : pour ou contre le maintien de François Bayrou à Matignon ? Le maire de Pau, qui espérait peut-être trouver un nouvel accord tacite avec le Parti socialiste comme lors du précédent budget, s’est heurté à un mur.

Le patron du PS, Olivier Faure, a éteint tout espoir, en indiquant lundi soir que « les socialistes voteront contre la confiance », rejoignant l’ensemble des groupes de gauche et du Rassemblement national. Les mathématiques sont implacables : le vote des députés devrait donc conduire à la chute du gouvernement Bayrou. « Il a passé son été barricadé dans son bureau sans décrocher son téléphone. Il est à côté de la plaque et entêté sur ses principes. Il n’a d’autre choix que de partir », tranche Arthur Delaporte, député PS du Calvados.

Partir sur ses idées
En précipitant sa chute, qui était plutôt prévue pour l’automne lors des discussions budgétaires, François Bayrou choisit sa sortie. « Sa décision ne me surprend pas, c’est un homme de convictions, il alerte sur le risque de la dette depuis des années », souligne Erwan Balanant. Le triple candidat à la présidentielle a fait de la réduction des déficits son dada. Dès 2002, le candidat UDF évoquait le risque « d’asphyxie budgétaire » face « au poids de la dette ». « Il veut en finir avec 40 ans de lâcheté politique. Soit il arrive à faire passer 40 milliards d’euros d’économies, soit il sera censuré et l’Assemblée portera la responsabilité du poids de la dette », nous prévenait un de ses proches au début de l’été. Mais le climat politique des dernières semaines semble l’avoir convaincu qu’il ne passerait pas l’hiver. Alors, pourquoi rester ?
« Il a compris que le process budgétaire n’irait pas à son terme, il prend donc l’initiative pour provoquer sa sortie et partir avec l’image de celui qui a alerté sur la dette », analyse Eric Pauget, député Les Républicains. « Mais c’est jouer avec le feu des institutions. D’autant qu’il est dans le paysage politique depuis trente ans, il incarne lui aussi cette dette », peste l’élu des Alpes-Maritimes.
Préserver ses chances pour 2027 ?
Aux difficultés de faire adopter les textes budgétaires s’est ajouté cet été le risque d’un mouvement social d’ampleur le 10 septembre. Le vote de confiance aura lieu deux jours avant cet appel lancé sur les réseaux sociaux à bloquer le pays, soutenu par la gauche, de LFI au PS. Loin d’être anodin. « Quand certains tiennent des positions quasi-séditieuses en indiquant vouloir tout bloquer, François Bayrou utilise un outil démocratique pour avancer. Il le fait en amont, c’est plutôt malin », assure Erwan Balanant.