Bruno Retailleau se lance dans la course à l’Élysée par « devoir »

Le président des Républicains a annoncé jeudi sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
« J’ai pris la décision d’être candidat à l’élection présidentielle »: dès les premiers mots d’une courte allocution diffusée en direct sur les réseaux sociaux, le patron des Républicains a mis fin au suspense, éventé dans l’après-midi par un message adressé à ses parlementaires.
L’annonce était attendue depuis quelques jours. Le voici officiellement lancé dans la course à l’Élysée, à 65 ans, non « par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir », assure l’ex-ministre de l’Intérieur, convaincu que « seule l’élection présidentielle permet d’agir vraiment ».
La mise en place de référendum
Fidèle à ses convictions, il a promis en cas de victoire de « soumettre directement par référendum plusieurs grands textes de loi », en particulier sur la justice pénale et l’immigration. M. Retailleau affirme qu’il « ne promettra rien qu’il ne pourra tenir », quitte à se dresser face « aux dérives de l’État de droit, qui s’est retourné contre le droit des Français à vivre en paix et en sécurité ».
« Je serai le défenseur de nos coutumes, de notre mode de vie, de notre culture, de notre civilisation », a-t-il également assuré un peu plus tard sur TF1.
La droite et le centre se regardent en chien de faïence
À droite et au centre, les principaux prétendants supposés se réservent pour le printemps, à l’exception d’Édouard Philippe. Mais le patron de Horizons, candidat depuis septembre 2024, joue d’abord sa réélection à la mairie du Havre.
A un mois du premier tour des municipales, l’initiative de M. Retailleau est accueillie positivement par son successeur à la tête du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud, qui y voit « l’occasion de peser par les idées dans le débat public ».

Dans son cercle rapproché, certains le pressaient de se dévoiler dès janvier, d’autres d’attendre le soir du 22 mars et de possibles conquêtes aux dépens de la gauche à Paris, Lyon ou Besançon.
Mais la déroute lors d’une législative partielle début février en Haute-Savoie face à l’UDR d’Eric Ciotti, allié du Rassemblement national, a sans doute précipité les choses.
L’après-Macron
Sans sortant étant donné que Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, l’élection aiguise de nombreuses ambitions. A gauche, le leader Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, ne fait pas mystère qu’il sera candidat, tandis que l’Ecologiste Marine Tondelier est sur la ligne de départ d’une primaire qu’elle espère organiser avec une partie de la gauche le 11 octobre.
Dans ce contexte, Bruno Retailleau traversait « un trou d’air » depuis son départ de Beauvau en octobre, comme le reconnaît l’un de ses proches. Sa cote a fondu de moitié en quelques mois, de 16% au printemps à 8% en fin d’année.
« Il a beaucoup perdu mais n’est pas revenu au point de départ », avant son passage au ministère de l’Intérieur, se rassure son entourage. Cependant, selon une enquête Ifop pour TF1, LCI et Le Figaro publiée jeudi après-midi, seuls 31% des Français considèrent qu’il a l’étoffe d’un président.

Une droite divisée
Désormais seul aux commandes des Républicains, il fait « l’acte d’autorité » souhaité par un autre proche, partisan du « fait accompli » pour imposer cette candidature à un parti fortement divisé.
En interne, les rivalités s’exacerbent entre candidats potentiels à l’Élysée: Xavier Bertrand est déjà en lice, tandis que Michel Barnier se pose en rassembleur de la droite et du centre et que David Lisnard menace de se présenter directement s’il n’y a pas de primaire.
En embuscade, le patron des députés, Laurent Wauquiez, plaide pour une primaire allant du macroniste Gérald Darmanin à Sarah Knafo, du parti d’extrême droite Reconquête.
« On a toujours été divisés. Simplement, c’est les Français qui jugeront », a estimé Bruno Retailleau jeudi sur LCI.
Pour les départager, il avait confié à un groupe de travail le soin de définir le mode de désignation du candidat de LR. Ses conclusions étaient attendues d’ici la fin du mois mais le patron a pris les devants.


