250 euros par mois et par enfant pendant 20 ans : la nouvelle proposition pour relancer la natalité en France

Un rapport parlementaire remis ce mercredi à l’Assemblée nationale propose la création d’un « versement familial unique » de 250 euros par mois, versé pour chaque enfant de la naissance à ses 20 ans.
250 euros par mois et par enfant – Cette allocation serait universelle, sans condition de ressources, et remplacerait une dizaine de prestations existantes pour répondre à la baisse historique de la natalité en France. En 2025, 645 000 bébés sont nés dans le pays, et l’indicateur conjoncturel de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, son plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale, selon l’Insee.
La mission d’information sur « les causes et conséquences de la baisse de la natalité », présidée par la députée Constance de Pélichy (LIOT), a confié le rapport à Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui plaide pour une « révolution » de la politique familiale. L’élu affirme vouloir concentrer l’action publique sur un objectif : « permettre aux Français qui souhaitent avoir des enfants d’en avoir », en levant principalement les freins matériels.
Le texte avance 37 propositions, combinant soutien financier, réforme des congés parentaux, mesures en matière de logement et meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.
Une allocation unique de 250 euros, de 0 à 20 ans
La mesure centrale consiste à instaurer un versement mensuel de 250 euros par enfant, « dès le premier enfant et sans conditions de ressources », versé jusqu’aux 20 ans. Ce dispositif marquerait un retour à l’universalité des allocations familiales, aujourd’hui soumises à conditions de ressources et versées à partir du deuxième enfant. Le rapport indique que cette allocation regrouperait une dizaine d’aides budgétaires existantes, afin de simplifier un système jugé illisible.
Le coût brut de ce versement universel est estimé entre 5 et 6 milliards d’euros supplémentaires par an, financés à l’intérieur de l’enveloppe de la politique familiale. Le rapport n’entre pas dans le détail des arbitrages budgétaires, mais évoque une montée en charge progressive, qui pourrait s’étaler au-delà de 2027. Les auteurs assurent qu’aucun foyer ne serait perdant par rapport au système actuel, sans toutefois publier à ce stade de simulations détaillées par type de ménage.

Selon Jérémie Patrier-Leitus, ce soutien forfaitaire vise à réduire le « delta » entre le désir d’enfant et les naissances effectivement réalisées, en compensant une partie des coûts liés à l’arrivée d’un enfant. Les montants cumulés atteindraient 3000 euros par an pour un enfant, 6000 euros pour deux et 9000 euros pour trois, sur une période pouvant aller jusqu’à vingt ans.
Un contexte de dénatalité durable
La proposition intervient dans un contexte de recul continu des naissances depuis 2010. Selon le bilan démographique 2025 de l’Insee, 645 000 bébés sont nés cette année-là, soit 24% de moins qu’en 2010, et la France a enregistré pour la première fois plus de décès que de naissances. L’indicateur conjoncturel de fécondité, à 1,56 enfant par femme en 2025, s’éloigne encore davantage du seuil de renouvellement des générations, fixé autour de 2,1.

Les rapporteurs estiment que la baisse de la natalité ne s’explique pas seulement par un changement de valeurs, mais aussi par des obstacles économiques, résidentiels et professionnels. Le logement est identifié comme un frein majeur ; le texte recommande un prêt à taux zéro pour l’achat ou l’agrandissement d’un logement lors d’une naissance. Il préconise par ailleurs un congé parental unifié d’un an, mieux rémunéré, afin de rendre la période suivant la naissance plus soutenable financièrement.
Le gouvernement n’a pas encore tranché sur la reprise de ces recommandations dans un futur projet de loi. Leur adoption supposerait des arbitrages politiques et financiers au Parlement, alors que la soutenabilité des comptes sociaux et les priorités budgétaires font l’objet de débats récurrents.


